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Téléréalités musicales :  la vérité sur les auditions

Que se passe-t-il réellement derrière les portes closes des auditions? Comment peut-on gagner le coeur des comités de sélection? Des candidats de l'Outaouais partagent leurs expériences et opposent leurs propos à ceux des producteurs des plus grosses émissions de téléréalité musicales au Québec.

Un texte de Christelle D'Amours

Dès septembre, des milliers de candidats se préparent pour les processus de sélection en espérant faire partie de la prochaine cohorte des émissions de téléréalité musicales.

Dans un contexte où le sensationnel et l’émotion ont fait leurs preuves auprès du public, la justification du choix des candidats devient intéressante.

La grande question : on cherche des histoires ou des talents?

Après avoir été choisi dans l’équipe d’Isabelle Boulay pour la saison 2017 de La Voix, Tristan Guay, artiste de Gatineau, s’est rendu jusqu’à l’étape des duels. Il s'agit de la seconde étape de l'émission, après que les quatre coachs aient choisi les candidats qui forment leur équipe lors des auditions à l'aveugle.

Suivant son expérience, il affirme que « ceux qui disent souvent que La Voix est juste en recherche d’histoires, c’est sûr qu’ils en ont besoin pour que l’émission soit intéressante. Ils ont besoin de contenu, le monde a besoin de se rattacher à ces personnes-là, mais je ne pense pas que ce n’est que ça ».

Stéphane Laporte, réalisateur de La Voix présentée à TVA, soutient que l’émission n’est pas à la recherche de profils particuliers et n’a pas de normes à respecter quant à l’histoire ou l’origine des candidats. « Ce qui nous intéresse, c’est la voix et le sens artistique du participant. Ce n’est pas son vécu, c’est ce qu’il en a fait. Si nous racontons l’histoire d’un participant, c’est tout simplement pour savoir qui il est », explique M. Laporte.

Sylvia Côté est productrice déléguée pour l’émission Virtuose diffusée sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé. « C’est le talent avant la personnalité. Je te dirais 80% [contre] 20% facilement. Si Gregory [Charles] était là, il te dirait 90% [contre] 10%! (Rires).On fait aussi de la télévision, mais je ne recherche pas un musicien avec un œil de verre pour que ce soit un meilleur show! », dit-elle.

À l’inverse, le concours Ma première Place des Arts présenté à MAtv, « ne fait pas de profils pour avoir des candidats qui est en lien avec la représentativité d’une région ou d’un parcours quelconque ou d’une histoire qui accompagne le participant. [...] On ne fait pas de sélection par rapport à ces éléments-là », explique Jocelyn Ménard, producteur et réalisateur du concours.

Attirer l’attention : les trucs de pro

Mais alors, que faut-il faire pour briller parmi la multitude d’artistes qui souhaitent tout autant faire partie de l’aventure?

Samantha Beaulne Neves est une jeune interprète de l’Outaouais qui a franchi deux fois le cap des auditions à l’aveugle dans l’émission La Voix. En ce qui a trait au répertoire, « quand on fait un choix musical, le premier choix c’est de le chanter en français », croit l’artiste.

Tristan Guay suggère aux artistes de se mettre en valeur pour permettre aux recherchistes des émissions de les trouver facilement. « Tu n’as pas besoin nécessairement d’avoir un backgroung ou d’être super assidu sur les médias sociaux, mais c’est clair que ça augmente tes chances », dit-il.« Si j’ai un conseil à donner aux personnes qui veulent faire La Voix, c’est de rester authentique », ajoute le participant de la saison 2017.

Stéphane Laporte appuie cette recherche d’authenticité en conseillant aux candidats à La Voix de présenter ce qui leur plaît à eux. « Ne cherchez pas à plaire aux juges lors des pré-auditions, ou aux coachs lors des auditions. Faites ce que vous aimez. Soyez le plus personnel possible, c’est la meilleure façon d’être universel »,dit le réalisateur.

Pour l’émission Virtuose, Sylvia Côté avoue rechercher des instruments diversifiés, moins communs et sélectionner les plus grands talents. « Après ça, à talent égal, oui c’est le fun d’avoir une personnalité qui est un peu plus… une personnalité point! », dit-elle.

Le producteur et réalisateur du concours Ma première Place des Arts offre lui aussi un conseil aux artistes. « C’est vraiment d’être à 100% dans sa chanson, de comprendre et de peser le poids de chaque mot qui est mis de l’avant, qui doit être défendu », explique M. Ménard en précisant que les pièces doivent être présentées en français.

Confidences sur l’expérience des candidats

Le duo gatinois Geneviève RB et Alain Barbeau a choisi de ne pas participer à la production du réseau TVA malgré quelques invitations.

« On est auteurs-compositeurs-interprètes, ce qui n’est pas non plus mis de l’avant dans La Voix », nous disent-ils en expliquant que ce qu’ils perçoivent du concept de l’émission ne met pas en valeur les compositions personnelles des candidats, mais plutôt les capacités d’interprétation.

Le couple a choisi de participer à Ma première Place des Arts et décrit les auditions comme une succession de trois chansons laissant peu de place au superflu. La personnalité des candidats n’est exposée que lorsque l’aventure est débutée et que les enregistrements télévisés sont commencés.

Samantha Beaulne Neves a fait deux auditions pour La Voix, qu’elle considère comme à l'opposé de son expérience à Ma première Place des Arts « où c’est vraiment simple, naturel, on ne met pas de pression sur quelqu’un », dit-elle. « Les deux restent quand même toute une belle expérience, mais complètement différentes. »

À l’instar du concours présenté à MAtv, La Voix s’intéresse à la vie personnelle et aux capacités d’expression des candidats dès leur première audition, qui peut d’ailleurs être filmée.

Après l'audition de Samantha, les recherchistes l’ont aussi invitée à préciser les réponses données dans son questionnaire. « Je te dirais que les petites questions personnelles comme la famille, il y en a qui vont se sentir moins à l’aise de parler de ça », dit-elle en faisant référence à des interrogations du genre « a famille est-elle encore ensemble? Est-ce que tu as une belle chimie avec ta famille? C’est beaucoup beaucoup des grosses questions », ajoute l’artiste.

Tristan Guay, quant à lui, s’amuse du fait qu’en entrevue, la production de TVA n’a pas pu le sélectionner pour son histoire personnelle puisqu'il n’avait rien à leur dire. « Il n’y avait rien de négatif, tu sais, je n’ai pas eu le cancer, il n’y a personne proche de moi qui est décédé. Bref, je suis très chanceux […], ma vie va très bien. […] Ils trouvaient ça drôle que je dise ‘‘ non, il n’y a pas de problème ’’ », ajoute-t-il en riant.

Il avoue tout de même être surpris d’avoir été choisi et s’être rendu si loin dans l’aventure. « Probablement qu’ils ont aimé l’univers ou la reprise de la chanson que j’ai fait, la touche que j’ai amenée. C’était ça mon objectif : être valorisé pour ce que je faisais et pas nécessairement pour qui je suis en dehors de ça », conclut Tristan.

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