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Tension et frustration à l’assemblée générale de Desjardins à Ripon

Quelques centaines de personnes ont assisté à l'assemblée générale extraordinaire que tenait le Mouvement Desjardins à Ripon, à la suite du débat qu'a suscité le retrait du guichet automatique de la municipalité en janvier.

La tension était palpable à l’église Saint-Casimir, mardi soir. Les représentants du conseil d’administration ont d'abord pris la parole pour réitérer que la fermeture du guichet de Ripon était le résultat d'une baisse d'achalandage.

Ces derniers ont souligné une réduction d’utilisation de 13 % du guichet automatique depuis 2015 pour justifier la décision de retirer celui-ci. Les commentaires du président du conseil d'administration Paul Lalonde ont d'ailleurs été accueillies par les huées de la foule.

Les membres de Desjardins, qui assistaient à l'assemblée générale, n'ont pas caché leur colère. « Je ne peux que constater que Desjardins a décidé de faire la même chose que le gouvernement en santé, c'est-à-dire l'aide rurale à mourir », a lancé un membre, sous les applaudissements de la foule.

Certains participants ont témoigné avec émotion, rappelant qu'ils sont membres chez Desjardins de génération en génération, alors que d'autres ont menacé de carrément changer d'institution financière.

Malgré l’insatisfaction des membres présents à l’assemblée générale, ceux-ci ne pouvaient pas voter sur un retour du guichet automatique dans leur localité, en vertu de l'article 242 de la Loi sur les coopératives des services financiers.

Lors d'une entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau, le premier vice-président du réseau des caisses Desjardins, Éric Lachaine, a expliqué que « les guichets automatiques et le réseau de distribution, c’est une décision qui appartient au conseil d’administration ».

« En refusant le vote ce soir, vous avez renié le principe même d'une coopérative », s'est exclamé Vincent Ouellette-Destroismaisons, président de la coopérative Place du marché et instigateur de la pétition qui a forcé Desjardins à rencontrer ses membres riponnais.

Selon lui, maintenant le guichet automatique ouvert à Ripon engendrerait des coûts annuels de 25 000 dollars.

M. Ouellette-Destroismaisons estime aussi que la gestion faite par Desjardins vient trop des grands centres et que, par conséquent, les décisions prises loin des régions rurales ne reflètent pas la réalité sur le terrain.

De son côté, l'institution financière réitère vouloir poursuivre les discussions avec la Fédération québécoise des municipalités pour trouver des alternatives pour aider les citoyens. L'idée d'un système de navette entre Ripon et Saint-André-Avellin est notamment évoquée.

Notre-Dame-de-la-Salette et Plaisance, deux autres municipalités de l’Outaouais qui risquent de perdre leur point de service, ont aussi commencé à se mobiliser contre Desjardins. Des citoyens ont lancé une pétition pour réclamer la tenue d’une assemblée générale extraordinaire comme celle de Ripon.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

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