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Tours Brigil : un « blockbuster » potentiel, selon Tourisme Outaouais

Tourisme Outaouais donne officiellement son appui au projet des tours Brigil, particulièrement à l'observatoire de 360 degrés prévu en haut de la tour de 55 étages de la Place des peuples.

Le 20 janvier, les membres du conseil d'administration de l'organisme ont eu droit à une présentation du Groupe Brigil. À la suite de cette dernière, la grande majorité d'entre eux ont adopté une motion visant à appuyer le projet.

La directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle, est bien consciente que les tours ne font pas « l'unanimité » et elle se réjouit des discussions qui sont en cours, mais elle souhaite que la dimension touristique ne soit pas négligée.

Selon elle, l'observatoire constituerait un nouveau produit touristique, qui a le potentiel de devenir un attrait majeur à Gatineau.

« Une nouveauté pour attirer les visiteurs, c'est précieux. Dans notre domaine, on appelle ça un "blockbuster". Et effectivement, l'Outaouais - et Gatineau particulièrement - aurait besoin d'un "blockbuster". Dans ce sens-là, l'observatoire est particulièrement intéressant », précise-t-elle.

Mme Bélisle y voit aussi un levier pour le tourisme intrarégional. Dans la mesure où l'observatoire offrirait une vue panoramique jusqu'à 40 km à la ronde, elle est d'avis que les résidents d'Ottawa, de Gatineau et des MRC avoisinantes pourraient venir y découvrir leur région sous un autre angle.

Un endroit stratégique

La directrice générale de Tourisme Outaouais ne veut pas se prononcer sur le débat entourant le Programme particulier d'urbanisme (PPU) du centre-ville ou l'emplacement de la tour Renaissance.

« Par contre, c'est essentiel que ce soit au centre-ville, dans un lieu stratégique. Dans la planification stratégique de Tourisme Outaouais, on a aussi la responsabilité de développer le centre-ville », rappelle-t-elle.

Consciente de s'inviter dans un dossier qui s'est grandement politisé au cours des derniers mois, elle se défend aussi de faire du lobbying pour le Groupe Brigil.

Elle croit cependant que son organisme a la responsabilité d'appuyer les entrepreneurs qui veulent faire du développement touristique sur son territoire.

D'autant plus que les commerces et les activités envisagées au rez-de-chaussée des tours pourraient enclencher une dynamique positive pour le centre-ville.

« Le monde attire le monde. Alors, s'il y a des citoyens qui s'approprient cet espace au rez-de-chaussée, s'il y a des visiteurs qui viennent fréquenter le centre-ville et qui les voient, ils seront attirés naturellement à y aller eux aussi », anticipe-t-elle.

La question de l'offre hôtelière

Le volet villégiature, avec la tour Renaissance et ses 320 chambres de luxe, est l'autre aspect qui motive le soutien de Tourisme Outaouais.

« Effectivement, d'avoir des chambres d'hôtel haut de gamme, comme c'est le cas au Hilton [Lac Leamy], c'est une plus-value pour la région », indique France Bélisle. Elle précise cependant que le tourisme d'affaires ne consomme pas exclusivement ce type d'hébergement.

Mme Bélisle estime que l'offre de chambres de luxe à Gatineau est « intéressante » et « stable », citant notamment le Four Points, le Hilton Lac-Leamy, ainsi que le Château Montebello comme hôtels de forte attractivité.

Gatineau attire déjà une clientèle d'affaires qui réserve dans plusieurs hôtels, comme des congrès. Selon France Bélisle, le projet de Brigil permettrait d'augmenter la capacité d'accueil et de courtiser des événements de plus grande envergure, qui attirent une plus vaste clientèle.

Un appui prévisible, selon « Protégeons le quartier du musée »

La prise de position de Tourisme Outaouais dans ce dossier ne surprend pas Lissa Constantine du regroupement Protégeons le quartier du musée.« Tourisme Outaouais a un but qui n'est pas tout à fait aligné avec le but de tous les citoyens », a-t-elle dit en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau.

Le but de Tourisme Outaouais est d'attirer des touristes, a-t-elle précisé, alors il est normal que Tourisme Outaouais appui un projet comme celui-là.

Le seul compromis qui rendrait le projet Place des peuples acceptable, aux yeux de Mme Constantine, serait de réduire la hauteur des deux tours. Elle a rappelé que le Plan particulier de l'urbanisme (PPU) permet la construction d'édifices de trois étages seulement sur la rue Laurier.

« Comment construit-on alors un observatoire sur un immeuble de trois étages? », lui a-t-on demandé. « On ne le construit tout simplement pas là. Il y a des places qui sont zonées pour des tours en hauteur, mais elles ne sont pas à cet emplacement-là », a-t-elle répondu.

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