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Train léger à Ottawa : la STO devra s'adapter aux nouvelles habitudes des usagers

Un peu plus de six mois avant la mise en service du train léger d'Ottawa, la Société de transport de l'Outaouais (STO) ne sait pas comment ses usagers adopteront le nouveau mode de transport en commun et, surtout, comment elle devra s'adapter à leurs nouvelles habitudes.

Un texte de Jérémie Bergeron

Chaque fois que le train léger arrivera en gare, jusqu’à 600 passagers pourraient en descendre et certains prendront potentiellement une correspondance avec la STO.

La société de transport l’avoue : elle devra être en mode réaction après la mise en service du train léger à Ottawa, qui doit se faire en novembre 2018.

Quant à l'embarquement des usagers,« il va falloir le vivre un certain temps, l'observer, être vraiment en mode analyse et évaluation pour voir s’il y a des modifications à [faire] », explique Marco Cruz, directeur du service de l’exploitation à la STO.

L'ouverture de la ligne de la Confédération du train léger au centre-ville et l'élimination des trajets d'autobus d'OC Transpo sur les rues Albert et Slater forceront la STO à changer ses trajets.

« Ça reste encore un inconnu de voir quel va être le comportement réel des usagers », soutient M. Cruz. « Est-ce qu’ils vont prendre le train pour sortir à la station Lyon ? Est-ce qu’ils vont prendre l’autobus directement au centre Rideau et faire une correspondance sur l’autobus même? C’est quelque chose qu’il faudra observer et qui, aujourd'hui, n’est pas clair pour nous. »

Embarquement possible aux portes arrière?

Une fois le train léger rodé à Ottawa, la STO pourrait décider d’ajuster le volume d’autobus sur son réseau ou encore permettre l’accès aux usagers par les portes arrière, comme le fait OC Transpo de l'autre côté de la rivière depuis 10 ans.

« Ça pourrait être dans les options [...] ce n'est pas quelque chose qui est écarté », raconte le directeur du service de l’exploitation.

Une idée qui plaît à bien des usagers de la STO. « Aux heures de pointe, on peut être pris longtemps à attendre », explique la passagère Julie Roy. « Des fois aussi, pendant que l’autobus attend [que ses passagers entrent], tu es pris dans un autobus [derrière] qui est pris là et qui attend. »

« Il y a des files d’attente des fois, c’est juste parce qu’ils ne sont pas équipés, mais c’est quelque chose qui me semble serait simple à régler », croit pour sa part Charlie Pitts, un usager du service.

Sauf qu’une telle mesure ne serait pas si simple à implanter selon la société de transport. « Il faudrait qu'il y ait des validateurs de cartes à puces aux autres portes et des agents tarifaires », soutient Marco Cruz. « Nos inspecteurs ne sont pas accrédités pour ce volet-là en ce moment. »

Laisser la chance au coureur

La STO vivra-t-elle autant de difficultés lors de la mise en service du train léger que lors de l'ouverture du Rapibus? Le professeur en études urbaines à l’Université du Québec en Outaouais, Mario Gauthier, croit que le transporteur est mieux préparé.

« Ça fait plus d’un an qu’on a mis en place un comité conjoint entre OC Transpo et la STO », rappelle le professeur. « Donc, il y a plus de coordination qui se fait depuis une année. »

Il admet toutefois qu’une certaine incertitude demeure tant pour les usagers que pour la STO. « C’est possible, oui, qu’on revive ce qu’on a vécu au moment du [lancement du] Rapibus, mais rappelez-vous qu’on a réussi à s’adapter assez rapidement à ces défis-là », conclut le professeur.

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