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Trois rapports accablants sur les soins de longue durée à Ottawa

Les cas d'abus survenus dans des centres de soins de longue durée gérés par la Ville d'Ottawa ont été dénoncés dans trois rapports rendus publics lundi. Selon le vérificateur indépendant, la Ville doit s'attaquer rapidement au problème afin de réduire le risque d'incidents d'aînés maltraités ou abusés.

Greg Fougère a été chargé par la Ville d'Ottawa, en octobre 2017, d'examiner de fond en comble la gestion des foyers municipaux et des soins qui y sont dispensés.

Après une enquête de six mois, son principal constat porte sur le manque d'effectif pour donner des soins et une surveillance adéquate aux résidents.

M. Fougère conclut que ces résidents des quatre établissements municipaux reçoivent 18 minutes de moins de soins par jour comparativement à la moyenne provinciale.

L'enquêteur indépendant recommande donc l'embauche de 35 employés de soutien de plus.

M. Fougère ajoute que la communication avec les bénéficiaires de soins doit s'améliorer et que le personnel doit être mieux formé pour comprendre les besoins des résidents et avoir la compassion nécessaire pour les soigner adéquatement.

Greg Fougère a présenté son rapport au Comité des services communautaires et de protection de la Ville d'Ottawa. Les conseillers membres du groupe ont adopté une motion pour financer l'embauche de 35 employés supplémentaires d'ici la fin de 2018. La mesure, évaluée à 8 millions de dollars, doit être présentée au prochain conseil municipal.

Gestion inappropriée des médicaments à deux foyers de soins de longue durée d'Ottawa

Le vérificateur général de la ville d'Ottawa Ken Hughes a également présenté les conclusions de deux enquêtes portant sur les soins de longue durée devant le Comité de la vérification.

Sa première enquête sur l'utilisation et l'entreposage des médicaments a été effectuée sur une période de deux ans dans les foyers Garry J. Armstrong et Peter D. Clarke, entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2017.

« Les procédures en place sont adéquates, mais elles ne sont pas respectées et c'est ce qui m'inquiète », a dit M. Hughes, en parlant des règles pour administrer des médicaments.

Lacune dans la sécurité des résidents

Dans une deuxième enquête, Ken Hughes soutient que la surveillance des résidents est problématique. Le vérificateur général s'est penché sur une allégation de violence sexuelle dans l'un des quatre foyers en 2017.

Un des résidents, pouvant « présenter des comportements sexuels violents », aurait emmené une autre résidente dans sa chambre.

L'incident, pourtant connu peu de temps après qu'il se soit produit, n'a été signalé que le lendemain au Service de police d'Ottawa et au ministère provincial, contrairement aux règles ontariennes.

Selon M. Hughes, ce résident, « est demeuré dans une unité mixte, où la supervision était minimale », malgré son passé.

Il soutient que si des mesures plus strictes avaient été prises dans son cas, « l'incident aurait pu être évité ».

Le vérificateur général a également noté un manque d'effectif et le fait que « la direction ne répond pas toujours rapidement aux problèmes soulevés par le personnel. »

Au total, 27 recommandations ont été faites à la Ville pour corriger les lacunes identifiées, des recommandations qui ont été acceptées.

Avec les informations de Julie-Anne Lapointe et de Laurie Trudel

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