Au lendemain de la 46e cérémonie des Junos, qui avait lieu dimanche soir à Ottawa, des voix s'élèvent pour dénoncer l'absence du français lors du gala télévisé diffusé à la grandeur du pays.

« C'est le plus grand gala national qui reconnaît l'excellence artistique canadienne et je trouve que les francophones n'étaient pas du tout présents », a déploré le chanteur du groupe Swing, Michel Bénac.

En tant qu'artiste francophone, M. Bénac estime que cette célébration de la musique canadienne serait pourtant l'occasion idéale de faire rayonner les deux langues officielles. Il ajoute qu'il aurait aimé voir le prix Juno pour le meilleur album francophone de l'année être remis au gala télévisé plutôt qu'au gala hors d'ondes.

La directrice de l'Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM), Nathalie Bernardin, abonde dans le même sens. Elle est d'avis que les francophones n'ont pas eu la place qu'ils méritaient au gala télévisuel des prix Juno.

« C'était évident. On n'a pas eu de présence francophone. Le prix du meilleur album francophone n'a pas été remis en ondes. La communauté francophone et artistique demande pourtant cela depuis longtemps. Par contre, là où on a eu des gains, c'est au Junofest, avec cinq vitrines pour les artistes francophones, du jamais vu », a-t-elle fait valoir.

« Pas une situation idéale pour les francophones... »

Le président du comité hôte des prix Juno, Guy Laflamme, reconnaît que la soirée de dimanche « n'a pas été idéale pour les francophones », mais il ajoute que beaucoup d'efforts ont été effectués pour promouvoir le bilinguisme.

« Cette année, on a eu un grand nombre de francophones au Junofest », a affirmé M. Laflamme, en entrevue à l'émission Sur le vif. « Plus d'une vingtaine d'artistes francophones ont pu présenter leur travail à des professionnels de l'industrie venus de partout au pays. »

M. Laflamme a précisé que, par un malheureux concours de circonstances, un artiste francophone de renom qui devait figurer dans la programmation officielle cette année s'est décommandé peu de temps avant l'événement. Il n'a pas pu être remplacé.

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