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Un ancien Casque bleu renoue avec un enfant rencontré au Rwanda

Plus de deux décennies après avoir quitté le Rwanda, l'ex-Casque bleu canadien Sammy Sampson a retrouvé la joie de vivre lorsqu'il a appris que Sammy Tuyishime, un enfant rencontré pendant le conflit, était bien vivant.

Sammy Sampson, basé à Kingston, avait 24 ans lorsqu'il a été dépêché à Gisenyi, une ville sur la rive nord du lac Kivu. C'est là que le gouvernement provisoire avait établi son siège lors du génocide du Rwanda, lorsque 800 000 personnes ont été tuées en l'espace de quelques mois.

Les Canadiens avaient été parmi les premiers observateurs extérieurs à constater tant la brutalité du génocide que la détresse des survivants.

« Lorsque nous sommes arrivés, nous avons dû nous excuser pour le monde entier », se souvient Sammy Sampson, maintenant âgé de 48 ans. « Nous étions les visages blancs qui, aux yeux des Rwandais, les avaient abandonnés. »

Avant le déploiement du Rwanda, il s'était déjà rendu en Haïti et en Bosnie. Plus tard dans sa carrière, le soldat se rendra également au Kuwait et en Afghanistan. Mais c'est la mission du Rwanda qui l'a le plus marqué.

Nulle part ailleurs Sammy Sampson n'avait vu une brutalité si extrême. Les souvenirs d'enfants malades et blessés le suppliant de les aider ont continué de le hanter pendant des années, si bien qu'il a été diagnostiqué du trouble du stress post-traumatique.

Lorsqu'il était toujours au Rwnada, Sammy Sampson s'est lié d'amitié avec une Américaine âgée de 82 ans, Rosamond Carr. La femme avait refusé de quitter sa propriété près de la jungle de Gisenyi et y hébergeait des enfants rendus orphelins par le conflit.

Sampson et d'autres militaires canadiens l'aidaient en lui apportant du matériel de la mission canadienne de Kigali, la capitale rwandaise. Ils lui apportaient parfois aussi des enfants trouvés abandonnés dans la rue.

Parmi eux, un petit garçon sans nom, âgé de quatre ans, qui a immédiatement développé un lien particulier avec Sammy Sampson.

« C'était le seul endroit au Rwanda où je pouvais être vulnérable. Lorsque j'étais avec ces enfants, je pouvais redevenir être humain pendant une petite période de temps », dit-il.

L'enfant sera finalement nommé Sammy, comme le soldat. Mais la mission finira par se conclure en 1995. Sammy Sampson quitte le Rwanda alors que des violences ethniques continuent à éclater, laissant derrière lui le petit Sammy Tuyishime.

« Je ne voyais pas comment un de ces enfants aurait pu survivre », lâche-t--il.

Rongé par les remords, Sammy Sampson finira par perdre son emploi et son mariage éclatera. Il n'aura jamais le courage de chercher à savoir ce qui s'est produit à l'orphelinat Imbabazi.

C'était jusqu'à l'an dernier, lorsque sa conjointe Susie Kinglsey a décidé de le découvrir pour lui. La femme a alors appris que non seulement l'orphelinat avait survécu aux violences, il s'était développé et avait pris sous son aile plus de 400 enfants.

Une recherche Facebook permettra ensuite à Susie Kinglsey de retrouver Sammy Tuyishime, aujourd'hui âgé de 28 ans. Le jeune homme gère une compagnie de tourisme à Kigali.

« J'ai pensé à toi pendant 23 ans », lui dit Sammy Sampson, ému.

L'ancien Casque bleu a maintenant lancé une campagne de sociofinancement et espère faire visiter le Canada à son homonyme rwandais. Les deux Sammy ont presque déjà atteint l'objectif de 9900 $. Les deux hommes espèrent se retrouver à Ottawa.

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