« On me disait : "Tu as toutes les qualités, mais à cause de ta grandeur, tu ne pourras pas continuer au hockey" », se rappelle celui que l'on surnomme Rolly. Il a choisi de persévérer, pour vivre sa passion pour le hockey, mais aussi pour faire taire les critiques.

Rolland porte le chandail rayé depuis maintenant sept ans. Il l'enfile trois ou quatre fois par semaine pour des parties de hockey mineur. Il est aussi en fonction pour des matchs de hockey adulte.

« J'aime l'adrénaline que ça donne, entendre les gens crier. Ça me passionne! Arbitrer, ça ne paraît pas, mais c'est un défi à chaque fois, parce qu'on ne sait jamais à quoi s'attendre », explique celui qui joue également au hockey régulièrement.

L'inconnu, c'est aussi le sentiment qui habite les joueurs et les entraîneurs lorsqu'ils voient l'officiel de 1 mètre 30 (4 pieds 3 pouces) se lancer sur la glace pour la première fois. La réaction de surprise se lit sur leur visage.

C'est que le Gatinois est souvent plus petit que les hockeyeurs qu'il côtoie sur la patinoire.

Après cinq minutes, quand ils m'ont vu patiner, ils se rendent compte que c'est une personne comme une autre.

Rolland Proulx, arbitre

Rolland assure toutefois qu'il n'a jamais été victime d'attaques personnelles dans les arénas, un endroit souvent aride pour les arbitres. Il semble que les joueurs, les entraîneurs et les spectateurs n'osent pas s'attaquer à son handicap pour critiquer son travail.

« C'est peut-être arrivé une fois qu'un entraîneur m'a dit : "Tu ne pouvais pas le voir, parce que tu n'étais pas assez grand", mais rien de plus mal que ça », mentionne-t-il.

Rolland, qui arbitre aussi au baseball pendant l'été, sait que sa différence attire l'attention et qu'il est davantage observé que ses collègues, ce qui le motive à se concentrer pour éviter les erreurs.

Pas de limite insurmontable

Rolland Proulx ne travaille pas avec la même vision d'ensemble du jeu que ses collègues plus grands. Il a donc dû développer des stratégies, en se déplaçant davantage pour ne rien manquer de l'action.

Son équipement a également été modifié pour ajouter quelques centimètres à ses patins. Des blocs ont été placés entre la bottine et la lame pour lui permettre de mieux agripper les bandes dans les arénas de Gatineau.

Par ailleurs, la taille de l'officiel de 50 ans ne lui permet pas d'arbitrer les calibres midget ou junior, dans lesquelles les mises en échec sont permises. Les joueurs de ces catégories sont à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte.

Leur carrure plus imposante ne lui laisserait aucune chance lorsqu'il y a des mêlées à séparer. « Pour les niveaux inférieurs, il n'y a pas de problème », insiste Rolland.

De toute façon, il préfère travailler avec les enfants. « C'est important pour eux. On pense qu'il y en a beaucoup des arbitres, mais il en manque tellement », souligne-t-il.

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