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Un centre de prévention des surdoses non autorisé ouvre à Ottawa

Un centre de prévention des surdoses non autorisé à Ottawa s'est installé vendredi dans le parc Raphael-Brunet, en face du 310, rue Saint-Patrick.

Trois tentes ont été installées en après-midi. Il y a d'abord une tente d'accueil, puis une tente où trois personnes pourront s'injecter des drogues avec du matériel stérile, sous supervision d'une équipe de trois bénévoles. De la naloxone, l'antidote aux surdoses de fentanyl, sera disponible. Finalement, une troisième tente permettra aux usagers de relaxer après avoir consommé.

Pour prévenir les surdoses, il est recommandé de ne pas consommer seul et d’avoir accès à de la naloxone, ce puissant antidote qui neutralise temporairement les effets d’une surdose d’opioïdes. Or, dit Marilou Gagnon, instigatrice du projet, il n’y a présentement aucun lieu offert pour cela à Ottawa, si bien que les consommateurs ne peuvent pas s’administrer de la naloxone s’ils subissent une surdose.

« L'intervention numéro un qu'on peut faire aujourd'hui au Canada, c'est de s'assurer que les gens ne consomment pas seul, et pour ca il faut agir vite et on ne peut pas attendre des mois », a indiqué Mme Gagnon, professeure agrégée à l'École des sciences infirmières de l'Université d'Ottawa.

Il devrait être ouvert quelques heures par jour, selon les besoins et la disponibilité des ressources.

Le centre n'est cautionné par aucun organisme officiel. Des policiers d'Ottawa se sont d'ailleurs rendus sur place. Une plainte aurait été effectuée en vertu des règlements municipaux. Ils ne sont toutefois pas intervenus pour faire fermer le centre, se contentant d'observer l'endroit.

Mme Gagnon explique que les tentes permettront aussi faire passer un message aux autorités.

« L’idée, c’est que c’est très simple d’en ouvrir un, ça ne demande pas beaucoup d’argent, mais ça a un très grand impact. Il y a définitivement un message que les politiciens et la Santé publique doivent entendre. On fait face à une crise qui est vraiment très sérieuse et la réponse est inadéquate et pas très rapide. Les gens s’auto-organisent pour sauver des gens », a affirmé Mme Gagnon, qui est aussi professeure agrégée à l’Université d’Ottawa.

Elle pense que d’autres sites temporaires pourraient ouvrir ailleurs dans la ville au cours des prochaines semaines. Rappelons que 24 centres du même genre existent à Vancouver et un autre à Toronto.

Des usagers de drogues dans le quartier

Un voisin du site, Luc Auger a déjà été témoin des problèmes de consommation dans son quartier.

« J’ai vu des gens dans ma cour ou dans le stationnement, s'injecter avec une drogue intraveineuse. Les gens sont assommés par la suite, littéralement », a rapporté M. Auger.

Ce voisin doute toutefois que ce petit centre puisse faire une grande différence relativement à ce problème social.

Nombre de surdoses en hausse

Des données publiées par Santé publique Ottawa ont dénoté une hausse du nombre de cas chaque semaine liés à des surdoses dans les hôpitaux d’Ottawa depuis le début de l’année. Depuis, six mois, le nombre de visites liées à ce fléau a doublé, passant de 20 visites à 42 à la fin du mois de juin.

Le groupe Prévention Surdose Ottawa s’inspire de la campagne de certains groupes de Toronto et de la Colombie-Britannique qui ont ouvert 24 de ces centres.

Un centre d’injection supervisé permanent doit ouvrir ses portes à Ottawa cet automne dans le quartier Côte-de-Sable. Le centre de santé communautaire du quartier travaille depuis plus d'un an, pour recevoir une autorisation de Santé Canada afin d'implanter officiellement la ressource.

Pour Luc Cormier, infirmier et coordonnateur du service d’injection supervisé du centre communautaire de Côte-de-Sable, l’important est de soutenir toutes les initiatives qui ont pour but de sauver des vies et qui sont faites de façon sécuritaire.

M. Cormier ne semblait pas trop inquiet de l'arrivée de ce centre non autorisé.

« Si les aspects de sécurité et les pratiques sont à jour et que c’est fait avec planification et partenariat avec les autres organismes comme nous, il n’y a pas de raison pour ne pas travailler ensemble. On a la santé et le bien-être des gens à cœur. On ne veut pas agir comme une barrière », a-t-il dit.

À court terme, dit-il, ce centre répond à un besoin.

Avec les informations de Claudine Richard et de Guillaume Dumont

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