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Un été à oublier pour ceux qui cultivent la terre

L'été 2017 est loin d'être terminé, mais il s'annonce déjà peu profitable pour beaucoup d'agriculteurs et de producteurs de fruits et de légumes de l'Est ontarien.

Un texte de Denis Babin

Les pluies abondantes et l’absence de chaleur au cours des dernières semaines en sont les principales raisons.

Le mois de juillet a été l'un des plus pluvieux depuis que les données sont recueillies. À l'aéroport d'Ottawa, il est tombé 250mm de pluie en juillet, égalant le record pour la région établi en 1899.

Les caprices de Dame nature ont notamment causé bien des maux de tête à Jacques Lamoureux, un producteur de petits fruits et de légumes de Hawkesbury.

« Il y a beaucoup de semences qui ont pourri dans le sol, qui n’ont jamais germé, qui ne sont jamais arrivées à terme », indique-t-il.

Des rendements décevants

Son maïs sucré, pourtant ensemencé dans un sol sablonneux perméable à l’eau, n’a pas été épargné.

Le système de drainage souterrain n’a même pas été capable d’évacuer toute l’eau de pluie.

« Les pluies torrentielles ont fait en sorte que ç'a été impossible cette année d’avoir du rendement. On a peut-être 50% du rendement qu’on devrait avoir », confie Jacques Lamoureux.

Le producteur s’en est mieux tiré avec ses fraises, ses framboises et ses bleuets.

L’utilisation de fongicides pour combattre les champignons parasites a été toutefois nécessaire.

« On a vu plus de maladies fongiques au niveau des plants. On a eu de la misère à garder les plants en santé », ajoute le producteur.

Des champs de blé infestés

Ce temps froid et pluvieux a aussi compliqué la tâche de beaucoup d’agriculteurs.

Cet été, les champs contaminés par la fusariose, une maladie fongique qui rend le grain du blé impropre à la consommation, ont plus souvent été la règle que l’exception.

« Les moisissures adorent le frais et l’humidité. C’est une année fraîche et humide. Donc, les champignons se sont développés », explique Jean-Pierre Lavigne, un producteur laitier de Sainte-Anne-de-Prescott.

Qui dit pluie et temps frais, dit aussi plantes fourragères humides.

Avec pratiquement un mois de retard, Jean-Pierre Lavigne devra se contenter de trois coupes de foin, au lieu de quatre comme l’an dernier.

Aussi, l’agriculteur a aussi fait son deuil du foin sec.

Du soleil et un peu de chaleur pour minimiser les pertes

« Habituellement, nous sommes autosuffisants, mais cette année, c’est pratiquement impossible faire du foin sec. Nous avons tout fait en ensilage [conservation du fourrage par voie humide] pour notre part », mentionne l’agriculteur.

Il reste les champs de soja et de maïs-grains.

Avec du soleil et de la chaleur d’ici les prochaines semaines, Jean-Pierre Lavigne pense pouvoir minimiser ses pertes.

Encore faut-il que le premier gel automnal soit tardif.

« Il va falloir avoir un très bel automne pour avoir une récolte très moyenne », conclut le producteur laitier.

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