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Un excellent départ pour la saison des sucres dans la région

Bon nombre d'acériculteurs de la région d'Ottawa et de Gatineau se disent très satisfaits de leur récolte d'eau d'érable jusqu'à maintenant, bien qu'il soit difficile de prévoir si la saison des sucres sera meilleure que l'année passée qui a été plutôt décevante.

« Très bonne saison », commente Nicolas Simard, gérant de production à la Ferme Proulx de Cumberland en Ontario qui exploite 2200 entailles.

L'acériculteur a commencé sa saison très tôt cette année. Dès le 23 février, il a pu bouillir son eau d'érable pour en faire du sirop. D'habitude, il débute sa saison en mars.

« On est rendu à 1700 litres de sirop d'érable de fait, et en moyenne habituellement on fait 1300 », précise-t-il.

La production de l'eau d'érable dépend du gel et du dégel.

« Il ne nous reste pas longtemps, mais on a peut-être une autre semaine de production à faire », juge-t-il.

Thomas Sepentgis, acériculteur à Greenlane Maple, à l'est de Hawkesbury en Ontario, dresse un constat similaire. Il a commencé sa récolte début mars.

« La saison va vraiment très bien », dit-il. Bien qu'il ne s'agisse que de sa seconde année de production, sa production a quasiment doublé par rapport à 2016, ce qui l'encourage à agrandir son exploitation.

Selon l'acériculteur, les conditions météorologiques y sont pour beaucoup. « Les températures sont idéales pour faire du sirop d'érable », ajoute-t-il.

Du côté de Chelsea au Québec, les érables ont aussi beaucoup coulé.

« En comparaison avec l’année passée, ça s’annonce très bien. On a déjà un volume plus élevé que l’an passé. C’est très bien parti », se réjouit André Filion, maître sucrier à l’érablière de Vignoble Chelsea qui compte 850 entailles.

L'érablière a débuté sa saison le 17 février.

« Cette année, on a vraiment trois ou quatre jours de suite où on a eu de belles récoltes », poursuit-il.

Du retard au nord de la région

« Les barils sont vides », s'inquiète Joanne Bocage, acéricultrice et copropriétaire des entreprises BeauBel et de la sucrerie BeauBel. L'érablière se situe à une quarantaine de kilomètres au nord de Maniwaki, en Haute-Gatineau.

Joanne Bocage a pour l'heure produit 500 gallons de sirop contre 8000 l'an passé.

« C'est vraiment exceptionnel, nous on est en production depuis 16 ans et ça n'arrive pas souvent qu'au mois d'avril on ait si peu de sirop de produit », poursuit Mme Bocage. « Je sais qu'il y a des régions plus au sud où ça fonctionne mais ici [...] c'est très tardif, c'est inquiétant ».

Pour le météorologue d'Environnement Canada, Steve Boily, bien que les températures soient montées au-dessus de zéro à partir du 21 mars, il n'y a pas eu de poussée d'air chaud qui aurait pu déclencher le phénomène de montée de la sève dans les érables au nord de Maniwaki.

« La Haute-Gatineau a peut-être été malchanceuse à quelques degrés près », juge-t-il.

Encore quelques jours prometteurs

Le météorologue prévoit que les prochains jours soient favorables à la récolte d'eau d'érable.

« Quand je regarde la prévision pour Gatineau [...] à partir de dimanche [...] on est dans une fourchette de températures dont on a besoin pour les sucres », avance-t-il.

Selon les chiffres avancés par Hélène Normandin, directrice des communications de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, la production actuelle se situe entre 20 et 30 millions de livres pour le Québec. L'année dernière, ce sont 136 millions de livres de sirop d'érable qui ont été produits pour l'ensemble de la province.

« On n'est pas très avancé dans la saison », commente-t-elle tout en assurant qu'il est trop tôt pour dire si ça sera une bonne année ou pas à l'échelle de la province.

La production d'eau d'érable s'arrêtera lorsque les bourgeons des arbres sortiront.

Avec les informations d'Agnès Chapsal et Claudine Richard

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