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Un futur dépotoir de déchets radioactifs soulève des craintes en Outaouais

Un immense site d'entreposage de déchets radioactifs pourrait voir le jour prochainement sur les berges de la rivière des Outaouais, à Chalk River, en Ontario. Alors que la compagnie Laboratoires nucléaires canadiens (LCN) se veut rassurante en ce qui a trait à la sécurité, des citoyens dénoncent le risque de fuites provenant de cette installation.

Un texte de Florence Ngué-No

À 180 km à l'ouest d'Ottawa, un promoteur privé compte aménager un site de stockage de déchets radioactifs provenant de la centrale nucléaire de Chalk River, devenue un laboratoire de recherche. Les Laboratoires Nucléaires Canadiens proposent la création d'un monticule de déchets de 5 étages qui s'étendrait sur 16 hectares et qui pourrait recevoir un million de mètres cubes de déchets radioactifs d'ici 2070.

Ce qui inquiète des groupes écologistes et des citoyens, c'est que les déchets seraient stockés à un kilomètre des berges. Ils craignent qu'une fuite contamine l'eau potable des dizaines de municipalités situées en aval de la rivière, dont Ottawa et Gatineau.

« Ce qui nous préoccupe, c'est la possibilité que les eaux de pluie s'infiltrent et soient contaminées par les déchets nucléaires et qu'ensuite elles se retrouvent dans les eaux souterraines ou dans la rivière des Outaouais. Les promoteurs ne sont pas en mesure de nous assurer que ça ne se produira pas et c'est d'autant plus particulier et préoccupant que c'est un risque qui s'échelonne sur plusieurs centaines d'années », a expliqué le directeur de Sentinelle de la rivière des Outaouais, Patrick Nadeau.

Les opposants au projet réclament plus de temps avant qu'une décision ne soit prise.

« On veut être inclus dans la prise de décision. On ne veut pas se voir imposer un dépotoir qui pourrait être extrêmement problématique pour des générations », a affirmé un scientifique et militant du comté de Renfrew, Ole Hendrickson.

La compagnie se veut rassurante

« Nous construirons une usine de traitement des eaux contaminées afin de les nettoyer pour les rendre à la nature », a assuré le vice-président du démantèlement et de la gestion des déchets aux LCN, Kurt Kehler.

L'entreprise ajoute que le site sera étroitement surveillé pour prévenir un déversement.

Le public peut consulter l'ébauche de l'étude d'impact environnemental et envoyer ses commentaires à la Commission canadienne de sûreté nucléaire jusqu'au 17 mai.

Si le projet est approuvé, le site de gestion de déchets radioactifs de Chalk River pourrait être opérationnel dès 2020.

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