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Un Gatinois d'origine rwandaise menacé de déportation plaide son innocence

Un citoyen de Gatineau et ancien militaire dans l'armée rwandaise fait face à la déportation dans son pays natal, le Rwanda. Le Canada soupçonne Henri Jean-Claude Seyoboka de crimes contre l'humanité pendant le génocide de 1994.

Un texte de Michel-Denis Potvin

Henri Jean-Claude Seyoboka a rencontré, jeudi matin, à Montréal, des représentants de l'Agence canadienne des services frontaliers. Selon M. Seyoboka, l'Agence doit communiquer avec lui dans les prochains jours pour procéder à sa déportation vers le Rwanda, où il craint le pire.

« Ils vont me torturer. Sans oublier qu'ils vont organiser un procès expéditif. Probablement, ils vont me tuer aussi », a-t-il affirmé lors d'une entrevue.

M. Seyoboka allègue que son père, son beau-père, son frère, son demi-frère, sa soeur et sa nièce auraient tous été tués parce que perçus comme des opposants au gouvernement actuel. Cependant, les allégations de M. Seyoboka sont sans preuve a noté la cour fédérale.

Un combat depuis 2006

Résident permanent du Canada avec statut de réfugié depuis 1996. Toutefois, ce statut lui a été révoqué 10 ans plus tard, parce que des renseignements dévoilés par le Tribunal pénal international sur le Rwanda en 2002, issus d'un témoignage anonyme, auraient lié M. Seyoboka au meurtre d'une femme et de ses deux enfants.

Le drame aurait eu lieu à un barrage routier où M. Seyoboka était posté comme militaire, en 1994. Henri Jean-Claude Seyoboka nie formellement ses allégations, mais il n'a pas tout dit sur son passé lors de son arrivée au Canada, il y a 20 ans.

« Dans tous les documents que j'avais déposés devant l'Immigration, je n'avais pas mentionné que j'avais été dans l'armée. Oui, c'est vrai. Mais que j'ai commis des crimes au Rwanda ça c'est pas vrai », a-t-il déclaré.

Depuis 2006, ce résident de Gatineau multiplie les démarches pour recouvrer son statut de réfugié et éviter la déportation vers le Rwanda. D'ailleurs, selon des documents juridiques, des autorités du Rwanda se demandaient, en 2014, ce qui retardait la déportation de M. Seyoboka.

La décision ultime de la Cour fédérale rendue le 6 mai dernier estime que le plaignant n'a pas fait la preuve irréfutable qu'il courait un risque lors de son retour dans son pays. Le Rwanda a modernisé son système juridique ce qui assurera à l'ancien militaire, selon la Cour fédérale, un procès juste et équitable - s'il devait y avoir des procédures contre lui.

Toujours selon la cour canadienne, M. Seyoboka doit maintenant faire face à ses actions passées et laisser la justice suivre son cours.

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