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Un Gatinois sur deux insatisfait de la gestion municipale des inondations

EXCLUSIF - Près d'un an après la fin de la crue printanière qui a balayé la région de la capitale nationale au printemps 2017, les Gatinois semblent toujours critiques à l'égard de l'administration municipale quant à la gestion du dossier, selon ce que révèlent les données d'un sondage.

Le coup de sonde de CROP réalisé pour le compte de Radio-Canada indique que deux fois plus de Gatinois (47 %) que d'Ottaviens (21 %) sont insatisfaits du travail de leurs élus municipaux par rapport aux inondations.

« On n'a pas vraiment eu personne qui est venu cogner à nos portes pour savoir comment ça allait », a déclaré Nicole Duguay, une sinistrée du chemin du Fer-à-Cheval.

Découragement, frustration et colère remontent vite à la surface, lorsque les sinistrés se rappellent la crue du printemps dernier. Sur cette rive de la rivière des Outaouais située dans le secteur de Masson-Angers, 20 % des maisons du chemin du Fer-à-Cheval ont été détruites.

« Même si tout est revenu un peu à la normale dans la vie, jusqu'à un certain point, je trouve que l'ensemble des élus semble oublier qu'on est encore pris avec tout ça », a ajouté Mme Duguay.

Le souvenir des inondations et les suites de ce sinistre font aussi réagir le conseiller du secteur. Marc Carrière, qui a été un des plus critiques à l'endroit de la ville durant la crise, pense encore que la gestion municipale n'a pas été à la hauteur.

« On n'a pas notre post mortem. Comment voulez-vous qu'on puisse s'améliorer quand on ne sait pas ce qu'on a fait de pas correct ? Il y a des choses qui étaient correctes, mais il y a des choses qui n'étaient pas correctes », a exprimé le conseiller du district de Masson-Angers.

De la grogne, il y en a aussi dans le district du Lac-Beauchamp, où les inondations ont décimé des rues entières. Le mécontentement y est surtout dirigé vers le gouvernement et sa lenteur à traiter les dossiers.

Des sinistrés reconnaissent les efforts de la Ville

Malgré ces délais, plusieurs sinistrés sont tout de même satisfaits de l'accompagnement et du suivi offert par les élus municipaux

« On ne peut pas leur lancer une roche plus à un élu qu'à un autre. Ils font tous leur possible à la Ville, le maire et tout ça », a affirmé la sinistrée Marcelle Lebousquet.

Selon le conseiller du district du Lac-Beauchamp, Jean-François LeBlanc, rien n'est parfait. Dix mois après la crue, il tente toujours d'aider les sinistrés de son quartier.

« Je ne pense pas que j'aurais pu faire plus que ce que j'ai fait là », a -t-il toutefois jugé.

M. LeBlanc a rappelé que Gatineau a joué un rôle de chef de file pour aider le gouvernement dans sa gestion du dossier des inondations.

« On a servi d'exemple pour Québec à plusieurs niveaux. Québec regardait nos procédures. On a aidé Québec à prendre des décisions. Je pense qu'on a fait vraiment notre possible », a-t-il rappelé.

Le gouvernement du Québec a annoncé que toutes les municipalités devront avoir un plan d'urgence pour faire face à de futures inondations. Tant Québec que Gatineau ont exprimé la volonté d'améliorer leurs façons de faire pour éviter que les sinistrés revivent ce qu'ils ont vécu au printemps 2017.

D'après le reportage de Nathalie Tremblay

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