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Un hiver difficile pour les personnes à mobilité réduite

Chaque hiver, de nombreuses personnes handicapées vivent un véritable cauchemar lorsque vient le temps de se déplacer. Certaines personnes sont contraintes de rester chez elles pendant des jours, voire d'annuler des rendez-vous médicaux, car elles sont incapables de sortir de leur domicile.

Depuis la tempête du 13 février, qui a apporté 29 cm de neige dans la région, André Jobin, un résident de la rue Monfort à Ottawa, n'est pas sorti de chez lui. Il n'a même pas pu se rendre à son dernier rendez-vous chez le médecin.

« Il ne peut pas sortir, c'est impossible, les gens handicapés, fauteuil roulant, marchette, canne, ils ne peuvent pas sortir, c'est eux qui sont punis. Moi, je sais parce que mon mari ne peut pas se déplacer, c'est impossible », raconte son épouse Ginette.

Après avoir fait une mauvaise chute sur un trottoir glacé le 21 décembre, André Jobin s'est brisé la hanche. Il s'est retrouvé en fauteuil roulant. Aujourd'hui, il déplore que la Ville n'en fasse pas plus pour déneiger et déglacer les trottoirs.

Si la Ville avait fait l'entretien, j'aurais pu sortir [...] mais ils coupent, ils coupent, c'est la raison pour laquelle j'étais pris dans la maison une semaine de temps. C'est assez pour devenir fou.

André Jobin

À Gatineau, les défis sont les mêmes, selon la directrice générale du Regroupement des associations de personnes handicapées de l'Outaouais, Monique Beaudoin. Elle estime que le mauvais déblayage cause des problèmes d'isolement, de sécurité et de transport.

Pour la rampe, pour embarquer et débarquer des personnes, dans le banc de neige, ce n'est pas tellement intéressant non plus pour le transport.

Monique Beaudoin, directrice générale du Regroupement des associations de personnes handicapées de l'Outaouais

À Ottawa et à Gatineau, on affirme qu'outre le transport adapté, il n'existe pas de mesures particulières liées à l'entretien des trottoirs pour accommoder les personnes à mobilité réduite. Même en cas de tempête, les deux municipalités n'offrent aucun service supplémentaire.

L'ultime recours reste d'appeler le 311 pour signaler une situation d'urgence.

D'après le reportage de Florence Ngué-No

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