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Un médicament pour traiter l'hyperphagie boulimique

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Les Canadiens qui souffrent d'hyperphagie boulimique, une pulsion qui les incite à manger jusqu'à en avoir mal, peuvent s'accrocher à un nouvel espoir. Santé Canada a récemment approuvé une médication pour les aider à contrôler leurs pulsions alimentaires.

L'hyperphagie boulimique touche 3 % de la population : c'est 6 fois plus que l'anorexie et 2 fois plus que la boulimie.

Contrairement aux boulimiques, qui tentent de compenser leurs fringales excessives par le vomissement ou les laxatifs, les hyperphagiques digèrent toute la nourriture qu'ils ingèrent. 

Catherine Dodier, 51 ans, en sait quelque chose. D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle a toujours eu un rapport trouble avec la nourriture.

« C'est un peu comme un alcoolique qui va prendre une grosse brosse, explique-t-elle. C'est un peu comme ça, [mais avec la nourriture]. »

Conséquence : l'hyperphagie s'accompagne souvent d'embonpoint, voire d'obésité, ainsi que des troubles médicaux et psychologiques qui s'y rattachent.

« J'ai fait beaucoup de régimes [...] mais étant donné mon trouble alimentaire, je ne réussissais pas à garder le poids que j'avais. J'ai beaucoup joué au yoyo avec mon poids. »

Un médicament qui fonctionne

Jusqu'à maintenant, au Canada, les patients hyperphagiques ne bénéficiaient que de traitements psychologiques ou de services de travail social.

Mais tout récemment, Santé Canada a approuvé un traitement médical à base d'amphétamine.

« On a eu l'idée d'essayer un médicament qui existait déjà pour le déficit de l'attention, raconte le Dr. Hany Bissada, directeur du programme de troubles alimentaires à l'Hôpital d'Ottawa. On l'a essayé pour l'hyperphagie et ç'a donné de bons résultats. »

Le médicament tend à diminuer la fréquence des événements compulsifs que vivent les patients hyperphagiques.

Un taux d'efficacité qui reste à déterminer

S'il est trop tôt pour chiffrer avec exactitude le taux d'efficacité du médicament, le Dr. Bissada affirme que selon sa propre expérience, entre 75 % et 80 % des patients qui l'ont essayé ont obtenu des résultats positifs.

« On a besoin de plus de temps et plus de patients pour dire [exactement] la proportion de gens qui vont s'améliorer », prévient-il.

Le Dr. Bissada se garde toutefois de parler d'un médicament miracle. Même en l'utilisant, les patients doivent poursuivre leurs traitements psychologiques, notamment pour traiter la dépression et l'anxiété qui peuvent découler de l'hyperphagie et de l'obésité.

Quant à Catherine Dodier, l'arrivée de ce médicament représente assurément une lueur d'espoir.

« Ça me fait du bien d'entendre ça [...] C'est rassurant de voir qu'il y a des gens qui se penchent sur ce problème-là. »

N'empêche que pour le moment, son combat demeure quotidien : « Souvent, c'est la balance qui va déterminer si ça va bien ou si ça ne va pas. C'est un travail que j'ai à faire, d'arrêter de me peser tous les matins. »

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