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Un nouvel outil contre les surdoses pour les travailleurs de rue de l'Outaouais

Des intervenants de l'Outaouais pourront désormais poser des gestes concrets s'ils sont témoins de cas de surdoses aux opioïdes. Les employés du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO) reçoivent, mercredi, une formation sur l'injection de la naloxone, un antidote capable d'inverser les effets d'une drogue, comme le fentanyl.

Les intervenants auront ensuite accès à l'une des 25 trousses de naloxone. Certaines seront disponibles dans des lieux fixes, comme au CIPTO, tandis que d'autres suivront les travailleurs de rue dans leurs déplacements.

« C'est de permettre d'avoir accès à l'antidote dans les lieux où on est en contact avec les gens, qui consomment des opioïdes », explique Yves Séguin, directeur du CIPTO.

Mais il ne s'agit que d'un premier pas pour Yves Séguin. Selon lui, il est urgent que les personnes consommant ce type de drogue - ainsi que leurs proches - aient accès gratuitement à la formation et à l'antidote, puisque la plupart des surdoses ne se produisent pas en présence d'intervenants.

Ce type de projet existe déjà à Montréal et a fait ses preuves, selon le CIPTO.

Pour le directeur du CIPTO, cette approche de réduction des risques, qui a fait l'objet d'études sérieuses, ne stimule pas la consommation de drogue.

« Par exemple, le fait de distribuer des pipes à crack ou des seringues, comme on le fait au CIPTO, n'encourage pas du tout le passage à l'injection ou à l'inhalation de crack », souligne-t-il.

Depuis mars dernier, la naloxone est disponible sans ordonnance dans les pharmacies canadiennes.

Le nombre de surdoses mortelles liées aux opioïdes a doublé au Québec depuis le début des années 2000.

Pendant ce temps, en Ontario, le gouvernement a annoncé, mercredi, que les Ontariens qui ont une dépendance aux opiacés ont maintenant accès à un médicament jugé plus sécuritaire que la méthadone, soit le Suboxone.

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