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Un nouvel outil pour éviter les surdoses d'opioïdes à Ottawa

Le Centre de santé communautaire Côte-de-Sable (CSCCS) a présenté jeudi son nouvel outil afin de renseigner les toxicomanes qui fréquentent son centre d'injections supervisées sur la composition des drogues qu'ils s'injectent ou qu'ils consomment.

Le spectromètre de masse portatif permet d'analyser en 20 secondes la composition d'une substance et d'y déceler les composants qui ne devraient pas y être.

Le test fournit des résultats détaillés sur le contenu des substances que les toxicomanes se sont procurés. Il peut détecter la présence de fentanyl, mais également des dérivés de fentanyl très dangereux comme le carfentanyl. L'appareil peut également déceler de la cocaïne, des méthamphétamines et de l'héroïne.

Dès jeudi, les toxicomanes qui fréquentent le centre d'injections supervisées du CSCCS sont invités à faire analyser leur drogue avant qu'ils la consomment.

La procédure sera volontaire et l'utilisateur de la drogue sera informé rapidement des composants qu'il y a dans sa dose. Les responsables du programme au CSCCS ne feront aucune recommandation sur la dangerosité du produit et laisseront le toxicomane libre de s'injecter la dose s'il le désire.

« Il faut respecter la liberté de la personne de faire ses propres choix sur sa santé », estime le directeur du programme Oasis du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable, Rob Boyd.

Mais pour un membre du Comité consultatif communautaire du CSCCS, Christine Lalonde, dont la tâche a été de sonder la communauté sur les services offerts par le spectromètre, il est clair que les clients du centre d'injections supervisées vont utiliser cet appareil.

Pour Lynne Leonard, chef du projet de recherche sur le spectromètre, directrice de l'équipe de prévention du VIH et du VHC et professeure adjointe à l'École d'épidémiologie et de santé publique de l'Université d'Ottawa, il s'agit de freiner un fléau mortel.

Le spectromètre a coûté 130 000 $ américains.

Mme Leonard dit qu'il a fallu deux ans pour trouver le financement afin d'acheter l'appareil et que l'argent a été versé sous la forme de subventions de recherche.

Spectromètre vs bandelettes

Pourquoi acheter un appareil aussi dispendieux, alors que des bandelettes spéciales peuvent également détecter le fentanyl dans les drogues achetées sur le marché noir ?

Le Dr Jeff Smith, un spécialiste de la spectrométrie de masse et qui a rodé l'appareil, répond que les résultats des bandelettes ne sont pas fiables.

« On a comparé les deux », indique le chercheur et professeur de l'Université Carleton.

Les chercheurs affirment que cet appareil va permettre aux responsables de programmes de prévention des surdoses de mieux réagir à l'apparition de nouvelles drogues sur le marché.

Plusieurs ont rappelé qu'en octobre 2017, les autorités ont informé la population de l'apparition du carfentanyl, un dérivé dangereux du fentanyl, dans les drogues illicites. Cette détermination avait été faite par Santé Canada dans des échantillons saisis par les policiers le 31 juillet et 1er août 2017.

« Il a fallu deux mois aux autorités pour déterminer l'apparition de cette drogue dangereuse dans le marché noir », dit Luc Cormier, chef des soins infirmiers, services d'injection supervisée du CSCCS. Le spectromètre dit-il, qui donne de l'information en quelques secondes, permettra d'informer rapidement les autorités de l'apparition de nouvelles substances.

Avec les informations de Christian Milette

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