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Un outil pour mieux enseigner l’histoire des peuples autochtones

Comment enseigner l'histoire des nations autochtones en évitant les stéréotypes, une vision lacunaire ou un point de vue uniquement allochtone? Ce sont les défis auxquels les professeurs font face. Le projet « Histoire du Canada : perspectives des Premiers Peuples » vise à les outiller adéquatement pour transmettre ces cultures.

Un texte d'Agnès Chapsal pour Les malins

Le projet « Histoire du Canada: perspectives des Premiers Peuples » vise à documenter et à rendre disponible les points de vue des membres des Premières Nations sur leur propre histoire, passée et actuelle, pour en permettre un enseignement plus juste et nuancé. Il a été mis sur pied avec la collaboration du Cégep de l’Outaouais, de l’Institution Kiuna, du Centre culturel et éducatif de Kitigan Zibi et de La Boîte Rouge VIF.

L'idée est d'offrir une base de données en ligne aux professeurs, d'identifier des archives, de les compléter et de faciliter l’intégration de ce corpus de contenus dans l’enseignement de l’histoire. On vise aussi à respecter la diversité des points de vue et des récits historiques exprimés par les différentes nations.

« Ces dernières années, les professeurs sont intéressés, mais se sentent incompétents pour transmettre les connaissances », estime Diane Le May, professeure d'histoire et coordonnatrice du Projet Premières Nations, Métis, Inuit au Cégep de l’Outaouais.

Pour Anita Tenasco, directrice du Centre culturel et éducatif de Kitigan Zibi, qui collabore pour ce projet avec des aînés, ceux qui ont une connaissance de la langue et de la culture, l'idéal serait que des personnes issues des Premières Nations travaillent dans les écoles auprès des élèves. Si ce n'est pas possible, les professeurs devraient avoir à leur disposition toutes les ressources pédagogiques adéquates pour constituer un savoir historique.

Selon le professeur d’histoire autochtone au Canada à l’Université d’Ottawa, Alexandre Michaud, l'enseignement de l'histoire des peuples autochtones a évolué depuis quelques années.

« Quand j’ai grandi, c’était plutôt ce que j’appelle l’information " notes de bas de page " : raquette, sirop d’érable et les guerres franco-iroquoises, mais ça s’arrêtait là », juge le professeur.

Dans le sillage de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) qui a fait connaître les pensionnats autochtones et de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, les professeurs s'interrogent davantage sur la façon dont ils devraient enseigner l'histoire des peuples autochtones.

« Maintenant, il y a un véritable élan, non seulement des enseignants eux-mêmes, mais aussi des étudiants qui ont été exposés à toutes ces informations dans les nouvelles », poursuit-il.

Le projet « Histoire du Canada : perspectives des Premiers Peuples » a reçu un financement de Patrimoine canadien pour sa phase préliminaire.

Les étapes suivantes (2018-2021) sont conditionnelles à l’obtention d’un financement dont la réponse est attendue au printemps 2018.

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