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Un policier d’Ottawa accusé pour des commentaires à caractère raciste après la mort d’une artiste inuite

Deux accusations ont été déposées contre le sergent Chris Hrnchiar, le policier d'Ottawa qui aurait mis en ligne des commentaires de nature raciste sur les Autochtones et sur la défunte artiste inuite Annie Pootoogook.

M. Hrnchiar devra répondre à deux chefs d'inculpation pour conduite déshonorante, en vertu de la Loi sur les services policiers. Il devra comparaître le 1er novembre prochain pour faire face à ces accusations.

Selon des sources proches, selon ses états de services, le policier risque au pire la radiation.

Au mieux, il pourrait subir une rétrogradation ainsi que des sanctions pécuniaires telles que des jours sans salaire.

« Je pense que c'est une bonne nouvelle et un pas dans la bonne direction », estime le Gatinois Veldon Coburn, qui est le père adoptif de la fille d'Annie Pootoogook.

C'est lui qui, après avoir lu les commentaires en question, avait déposé une plainte relativement à cette affaire auprès du maire d'Ottawa, Jim Watson, et du chef de police Charles Bordeleau.

Des propos condamnés

Les propos attribués à M. Hrnchiar avaient été condamnés par le chef du Service de police d'Ottawa, Charles Bordeleau, qui avait dit qu'ils n'étaient pas « acceptables ».

M. Hrnchiar serait en effet l'auteur de deux commentaires postés en bas d'un article en ligne du Ottawa Citizen portant sur la mort d'Annie Pootoogook. Le corps de cette dernière avait été retrouvé dans la rivière Rideau en septembre dernier.

Dans une de ses publications, l'auteur du commentaire a rejeté la thèse du meurtre, même si l'Unité des crimes majeurs enquête et que la police d'Ottawa a découvert des éléments suspects dans cette affaire.

« Généralement, bon nombre d'Autochtones ont une très courte vie, talent ou pas », pouvait-on lire dans le commentaire au bas de l'article.

Dans une deuxième publication, l'auteur du commentaire avait ajouté que la communauté autochtone du Canada fait un usage abusif de drogues et d'alcool.

Une plainte pour protéger une fillette

Ce qui a motivé M. Coburn à entamer des démarches, c'était de voir quelqu'un en position d'autorité utiliser la mort d'une personne sans défense pour proférer des propos qu'il qualifie de dénigrants.

Il craignait aussi les conséquences négatives que cela aurait sur sa fille, quand celle-ci allait vouloir en savoir plus sur sa mère biologique.

« Je voulais protéger ma fille [...] de cela. Parce qu'elle va grandir et, à l'avenir, elle va lire des histoires [sur sa mère]. Je suis sûr qu'Internet sera toujours là dans 10 ou 15 ans quand elle sera adolescente », explique-t-il.

Veldon Coburn trouve que Charles Bordeleau a fait preuve de courage en ordonnant l'enquête, qui a mené au dépôt des accusations.

« Notre chef travaille de très près avec la communauté autochtone afin de restaurer la confiance [dans la police] », a d'ailleurs affirmé le président de la Commission des services policiers d'Ottawa, Eli El-Chantiry.

Bien qu'il estime que certaines choses n'auraient jamais dû être dites au sujet de Mme Pootoogook, Veldon Coburn croit que cela a eu le mérite de relancer un débat, qui devrait prendre plus d'ampleur à l'avenir, selon lui.

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