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Un possible recours collectif contre les radiologistes du Québec

Le Conseil pour la protection des malades (CPM) juge qu'il est inacceptable que des radiologistes du Québec ne donnent plus de rendez-vous à des clients dans les cliniques privées. L'organisme a entamé des démarches pour intenter un recours collectif contre ceux qui refusent de recevoir des patients.

Depuis le 29 décembre, les patients n'ont plus à payer pour des échographies dans ces cliniques, une situation que condamnent les radiologistes. Ils disent ignorer comment ou quand ils seront remboursés par le gouvernement du Québec.

Des Québécois peinent maintenant à obtenir un rendez-vous dans des cliniques privées de radiologie, qui refusent de les servir.

Or, l'incertitude financière des radiologistes n'est pas une raison suffisante pour refuser de réaliser un examen, selon le président du CPM, Paul Brunet.

« Les médecins spécialistes [ne peuvent pas] refuser ou négliger d'offrir un soin à des patients pour lequel ils sont quand même rémunérés à la suite d'une décision ministérielle », souligne-t-il.

M. Brunet invite les patients du Québec qui ont raté un rendez-vous et qui subissent des inconvénients à contacter son organisme pour participer au recours collectif.

Il affirme que la situation en cours rappelle le recours collectif qu'a mené le CPM contre les médecins spécialistes en 2003. À l'époque, 3361 patients avaient eu gain de cause, après avoir été privés de leur chirurgie.

Incertitude financière

Des cliniques de l'Outaouais se défendent de pénaliser les patients pour la décision du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Toutefois, le fait de ne plus pouvoir facturer les échographies aux patients est problématique pour ces entreprises privées.

Le propriétaire de la clinique Echosphère image, à Gatineau, a annulé tous ses rendez-vous pour la prochaine semaine.

« Il est inadmissible de ne pas avoir de détails sur combien on sera rémunéré pour des échographies, surtout quand on annonce à la population que ce sera gratuit », indique Martin Lacasse.

La Clinique d'échographie de l'Outaouais demeure pour sa part ouverte. Selon sa technologue propriétaire, Sylvie Grenier, elle serait l'une des rares à encore servir les patients au Québec.

« Je ne veux pas prendre mes patients en otage et je ne veux pas envoyer mon personnel à la maison », fait-elle valoir, tout en souhaitant qu'une entente financière plus claire soit rapidement conclue avec Québec.

« Il faut payer tous les frais de gestion de notre entreprise », dit-elle. « On s'est fait un fonds pour couvrir ça, mais ça ne peut pas couvrir éternellement.

Un moment donné, il va falloir que ça débouche quelque part.

Sylvie Grenier, technologue propriétaire de la Clinique d'échographie de l'Outaouais

En attendant, de nombreux patients québécois choisissent d'aller passer leur échographie en Ontario, pour éviter le temps d'attente.

Avec les informations de Florence Ngué-No et Daniel Bouchard

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