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Un premier album pour le ténor gatinois Steeve Michaud

Le ténor Steeve Michaud s'apprête à vivre un grand moment dans sa carrière : lancer un premier album, intitulé Portrait. Si ce rêve de longue date se concrétise, c'est grâce à une campagne de sociofinancement qui a permis au Gatinois d'amasser quelque 27 000 $. Un exploit pour un interprète classique.

Un texte de Kevin Sweet

« Depuis quatre, cinq ans, à la sortie des concerts, les gens m’abordent en disant: "Avez-vous un disque? Avez-vous un disque?" J’ai été forcé de dire non. Et comme artiste, on n'aime pas ça, dire non », explique Steeve Michaud, en riant.

D'une part, il y avait donc cette demande grandissante de son public, qui lui réclamait un album.

Et de l'autre, le besoin, pour Steeve Michaud, de tenter de percer le marché européen.

Le ténor a donc décidé de s’en remettre au sociofinancement pour faire d'une pierre, deux coups.

Un album réalisé grâce au sociofinancement

« Parce que le marché du disque est comme il l’est, j’avais besoin d’un support autre qu’une étiquette, qui me rembourserait aux micros cents », souligne le ténor.

Le chanteur voulait également conscientiser et sensibiliser son public à tout ce que qu'un tel projet représente, ainsi qu'aux coûts associés à l'enregistrement d'un album.

Cette opinion, ils peuvent aussi la faire valoir en ouvrant leurs portefeuilles.

Le chanteur a été extrêmement surpris par la réponse et la générosité du public. Il a pu amasser près de 27 000 $ en trois mois seulement, d'avril à juin 2017.

« Les gens du milieu artistique, ici, dans la région, me disaient: "Quand tu vas avoir ramassé 5000 ou 6000 $, je pense que tu vas avoir fait le tour. Surtout en musique classique" », raconte M. Michaud.

Selon lui, cette soif existe chez les amateurs de musique classique depuis la fermeture de la compagnie Opéra Lyra, en 2015.

L’argent amassé grâce à la campagne de sociofinancement a permis à Steeve Michaud d’enregistrer son album à Montréal, au Oscar Peterson Hall. Il s’est installé dans la salle de spectacle située à l’Université Concordia pendant quatre jours, et a fait appel à une compagnie qui est venue capter ses prestations sur place.

De Cantley à Vienne

En plus de l’album, Steeve Michaud souhaitait effectuer une tournée de développement de deux mois en Europe, principalement à Paris et à Vienne, l’un des berceaux de la musique classique. Or, ce projet cumulé d’un album et d’une tournée européenne aurait pu lui coûter près de 40 000 $, s'il n'avait pas pu compter sur le soutien financier du public.

Steeve Michaud a toutefois remporté son pari : il est récemment revenu avec quelques engagements, entre autres à Munich, mais surtout avec deux agents, le premier à Paris, le second, à Vienne.

« C’était espéré avec tous les doigts croisés! », lance M. Michaud.

Ce dernier soutient que ces agences prestigieuses vont maintenant pouvoir lui ouvrir les portes des plus grandes institutions culturelles en Europe.

Mais, en attendant de le voir sur la scène de l’Opéra de Paris, le public pourra le voir sur scène à la salle Jean-Despréz ce mardi soir, alors qu'il présentera les neuf compositions qui constituent son disque Portrait.

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