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Un programme de hausses salariales fâche les syndicats à l'Université d'Ottawa

L'Université d'Ottawa désire revoir à la hausse le salaire de cinq cadres supérieurs. Plusieurs syndicats dénoncent cette proposition, qui pourrait voir l'enveloppe salariale augmenter de 155 823 $ à la date d'entrée en vigueur du programme.

Un texte de Yasmine Mehdi

Les cinq postes ciblés sont celui du recteur et des vice-recteurs aux études, à la recherche, aux ressources et aux relations extérieures.

Conformément au règlement ontarien sur le Cadre de rémunération des cadres supérieurs du secteur parapublic, une consultation publique a été lancée le mois dernier.

« Ça nous a carrément choqués d'apprendre que l'Université s'apprêtait à récompenser la haute administration en accordant une augmentation salariale significative alors que le personnel administratif a subi les conséquences des gels de salaires depuis plus d'un an », a déploré la présidente du Syndicat du personnel de soutien de l'Université d'Ottawa, Marcelle Desmornes.

« Ça fait plusieurs années que l'Université nous fait rentrer de force dans la gorge qu'on est en période d'austérité et qu'il faut couper [...] ça montre que l'argent est disponible quand l'exécutif de l'Université d'Ottawa considère que c'est utile pour eux », a pour sa part dénoncé le président du Syndicat des assistants d'enseignements et de recherche, Xavier Laberge.

« On a reçu une coupure budgétaire de 4 % l'an dernier et, en même temps, ils nous demandent si c'est acceptable d'avoir une hausse salariale aussi élevée », a renchéri la présidente de l'Association des professeurs de l'Université d'Ottawa, Susan Spronk.

L'argument du bilinguisme mis de l'avant

L'objectif de la hausse est d'attirer « des personnes de haut calibre », peut-on lire dans un document daté du 3 février. Le Bureau des gouverneurs de l'Université souligne par ailleurs la difficulté d'embaucher « des cadres exécutifs compétents dans les deux langues officielles, bien que ceux-ci puissent toujours quitter l'Université pour un poste unilingue ailleurs ».

« Pour nous, cet argument ne tient pas la route. On demande [à nos membres] d'être bilingue, c'est un prérequis, nous sommes une université bilingue et notre personnel se doit d'être bilingue », a rétorqué Mme Desmornes.

Après avoir comparé le salaire de ses cadres à ceux de dix autres universités, l'Université d'Ottawa a néanmoins conclu qu'une « augmentation annuelle maximale de l'enveloppe salariale de 5 % au 1er juillet 2018 » serait souhaitable.

« Le cadre proposé respecte les principes énoncés par le gouvernement qui vise à établir un équilibre entre gérer les coûts de la rémunération tout en permettant aux universités d’attirer et recruter les talents nécessaires pour fournir des services de haute qualité », se défend l'Université d'Ottawa dans un courriel adressé à Radio-Canada.

Elle a fait aussi savoir qu'elle avait « pris acte des commentaires émis par le Syndicat. »

« Conformément à la législation provinciale, l’Université a mené un processus de consultation en ce qui concerne le nouveau cadre de rémunération de ses cadres supérieurs. Ce processus a pris fin le 2 mars dernier. L’Université revoit actuellement tous les commentaires reçus et soumettra sous peu une version finale de son programme au gouvernement ontarien. Une fois cette version approuvée par le gouvernement, le programme devra être approuvé par l’exécutif du Bureau des gouverneurs avant d’être publié sur le site web de l’Université », précise-t-elle.

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