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Un projet pilote à Gatineau pour accompagner de nouveaux arrivants en français

Les résidents de Gatineau peuvent aider les immigrants, dont les réfugiés syriens, à s'intégrer en français dans leur communauté d'adoption. La Municipalité met à l'essai dans les bibliothèques publiques des activités gratuites destinées aux nouveaux arrivants.

« Ce que nous offrons, c'est un complément de service [aux cours de francisation]. On ne veut pas jouer dans les plates-bandes de quelqu'un d'autre », précise la bibliothécaire Marie-Chantal Paraskevas.

Les cafés-conversations, le jumelage et le mentorat linguistique sont en fait venus répondre à des besoins qui n'étaient pas comblés. Et le succès du projet pilote a été immédiat.

« On ne s'attendait pas à cet engouement-là, autant du côté des bénévoles qui veulent donner de leur temps pour partager le français et la culture d'accueil, autant des participants qui veulent apprendre un peu plus sur la terre d'accueil et le français. Ça a été un franc succès jusqu'à maintenant », s'exclame Mme Paraskevas.

Jeune retraité, Ali Arfa n'a pas hésité à donner de son temps, à la suite de l'arrivée des réfugiés syriens à Gatineau.

Arrivé en 1972 au Canada, en plein hiver et sans connaître qui que ce soit, il estime avoir été chanceux à l'époque.

Ce résident d'Aylmer depuis 42 ans accompagne notamment la famille Awad, arrivée de Syrie en décembre dernier avec ses cinq enfants.

« C'est très difficile de quitter son pays. Tout d'un coup, tout est différent, le climat, la langue. [...] Ça prend du temps pour s'adapter, mais ils vont y arriver », confie M. Arfa.

Cette aide est précieuse pour Aqpa Awad, la mère de famille, qui peut échanger en arabe avec lui et pratiquer son français.

« Je veux apprendre la langue pour communiquer, pour pouvoir m'intégrer plus facilement, pour faciliter mon quotidien », explique-t-elle dans sa langue maternelle.

La famille Awad n'hésite pas non plus à appeler M. Arfa pour obtenir de l'aide au quotidien, par exemple, pour prendre rendez-vous avec le médecin, aller à la banque ou préparer l'épicerie.

« C'est une deuxième famille que je viens de rencontrer », ajoute M. Arfa. « Je suis très content de les avoir [...] Je leur offre tout mon service pour eux à n'importe quel moment. »

Des activités d'intégration dans les quartiers

Deux soirs par semaine, Ali Arfa rencontre d'autres nouveaux arrivants, pour la plupart des femmes, à la bibliothèque Lucy-Faris d'Aylmer.

Il ne s'agit pas de cours structurés, précise une des animatrices bénévoles de ces cafés-conversations, Charline Planchon. L'important est d'échanger en français.

Le contenu se développe autour de thèmes (météo, alimentation, activités physiques, etc.), avec du support visuel, comme des circulaires ou des photographies, pour aider à se faire comprendre.

« Ça permet d'avoir des liens entre toutes ces femmes de différentes origines », souligne Mme Planchon. « Au premier cours, il y a un courant, une chaleur humaine qui ont été tellement valorisants [...] Je reçois beaucoup. »

D'après les informations recueillies par la journaliste Mireille Langlois

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