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Un projet pilote pour les hommes victimes d'abus sexuels en Outaouais

Environ 1 homme sur 10 rapporte avoir été victime d'au moins une agression sexuelle avec contact avant d'avoir eu 18 ans, selon l'Institut national de santé publique du Québec. Des intervenants de l'Outaouais lancent un projet pilote pour venir en aide aux hommes dans cette situation.

Ce groupe de thérapie est le fruit du travail du directeur général du Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (CIASF), Simon Drolet, et d'un professeur de l'École de travail social de l'Université d'Ottawa, Jean-Martin Deslauriers. Il proposera des ressources adaptées aux demandes spécifiques de cette clientèle.

« On sait que les hommes ne font pas appel à l'aide de la même manière que les femmes, notamment, et quand un homme demande de l'aide, c'est que ça presse », a expliqué M. Drolet, en entrevue à l'émission Les Matins d'ici.

« Une réponse rapide ici, c'est un impératif », a-t-il précisé. « Sinon, le passage du temps va faire en sorte que l'homme va avoir le sentiment que c'est moins grave que prévu [...] que ça va s'arranger etc. »

En moyenne, les hommes dévoilent leur passé entre 30 et 40 ans après les faits, selon lui.

Le projet pilote sera lancé au cours des prochaines semaines en collaboration avec le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l’Outaouais.

Les services offerts

Aux dires de ses instigateurs, le projet pilote vise à combattre des stigmas sociaux rattachés aux agressions sexuelles envers les hommes.

« Quand on est un homme et qu'on est victime d'abus sexuels, ça veut dire que forcément on est pris avec un secret qui n'est pas facile à dévoiler », a détaillé M. Drolet.

« Si je suis un homme et que j'ai vécu une agression sexuelle, j'ai peut-être ressenti du plaisir physique. Si c'est le cas, je suis mêlé, je suis confus », a-t-il poursuivi. « Donc, ça va prendre du temps à admettre que ça, ce n'est pas parce que j'ai consenti. »

Comprendre qu'un homme a été victime d'agression sexuelle prend beaucoup de temps et souvent cela peut être relié à un constat de faiblesse, a souligné M. Drolet.

Le projet repose sur deux phases. Pendant la première phase de huit semaines, le but est de donner des informations et « d'apprivoiser » les réactions des participants. Après, il s'agit de déterminer quels impacts ont eu les agressions sexuelles dans leur vie.

« Il y a des hommes, par exemple, qui ont fait le choix de ne pas avoir d'enfant [...] ça peut remettre plein de choses en questions », a expliqué M. Drolet.

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