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Un saut en parachute pour appuyer les victimes d’abus sexuels en Outaouais 

Des dizaines de personnes ont sauté en parachute à l'aéroport exécutif de Gatineau-Ottawa, samedi, pour participer au Grand saut de l'espoir mis sur pied par le Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (CIASF).

En organisant l’événement, le CIASF voulait encourager les victimes à rompre le silence et mieux affronter un tel traumatisme. Il s'agirait d'une façon de motiver les victimes à prendre un nouvel envol dans leur vie et à surmonter l’épreuve.

En 2011, la famille Couillard apprenait que leur fille Laura, âgée de neuf ans à l’époque, a été abusée sur une longue période.

« Disons qu’aujourd’hui le saut en parachute c’est merveilleux, sauf que ça n’a pas été merveilleux dans les dernières années. Ça brise complètement une famille », a témoigné Steve Couillard, le père de Laura.

Si la famille Couillard a tenu à participer à l’événement et à faire le saut, c’est surtout pour encourager toutes les victimes à rompre le silence.

« On se libère en sautant dans la vide. C’est une analogie extrême pour justement faire voir qu’il faut faire confiance aux autres. Il faut faire confiance aux bonnes personnes, malgré que la confiance a été perdue envers les personnes en qui on faisait confiance », a précisé M. Couillard.

Les cas d’abus sexuels demeurent un sujet tabou dans la communauté, mais les gens en parlent de plus en plus, selon le directeur général du CIASF, Simon Drolet.

« Les gens sont prêts et sont mûrs pour en parler, mais aussi en parler de façon résiliente et positive dans la mesure où le rétablissement est possible. On ne parlera pas de guérison suite à un abus sexuel, mais la vie après les abus est tout à fait possible », a-t-il dit.

Chaque année, plus de 600 signalements pour des abus envers les enfants sont enregistrés en Outaouais. Les demandes de services relativement à des situations d’abus sexuels ont augmenté de plus de 25 %, au cours de la dernière année.

Le message que les organisateurs de la journée tenaient à transmettre c’est l’importance de dévoiler assez rapidement les cas d’abus afin d’entamer le plus rapidement possible le processus de rémission pour les victimes.

Pour le CIASF, la réalité est préoccupante dans la région, alors que des centaines d’enfants de l’Outaouais sont victimes d’abus sexuels dans le silence.

Si le Grand saut de l’espoir a souligné le courage des victimes à tourner la page, il a aussi permis d’amasser des fonds, afin d’aménager un nouveau centre spécialisé de traitement et de prévention d’abus sexuels dans la région.

D’après un reportage de Godefroy Macaire Chabi

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