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Un sondage mené par le gouvernement fédéral préoccupe les traducteurs

Alors que les traducteurs du Bureau de la traduction (BT) du gouvernement fédéral s'inquiètent de l'avenir de leur organisation, Radio-Canada a appris que l'organisme mène actuellement un sondage visant à « accroître l'externalisation des services linguistiques. »

Un texte de Catherine Lanthier

Le Bureau de la traduction souhaite ainsi « mettre à profit la capacité de l'industrie » pour traduire « davantage de documents. » Ce sondage, dont Radio-Canada a obtenu copie, recueille des informations au sujet des diverses entreprises offrant des services de traduction au pays.

À travers les questions posées, le questionnaire cherche à connaître la capacité des entrepreneurs privés à travailler en dehors des heures normales d'ouverture, leurs tarifs et leur habileté à manipuler des documents secrets ou « très secrets ».

Une source qui oeuvre au BT craint de voir la qualité des textes chuter considérablement au pays si l'institution fait appel aux plus bas soumissionnaires. Cet employé, qui a demandé à garder l'anonymat, soutient que « les traducteurs sont atterrés de l'indifférence du gouvernement Trudeau, ils sont désespérés. »

L'Association canadienne des employés professionnels (ACEP) trouve quant à elle ce sondage « très préoccupant ».

De son côté, le professeur de traduction de l'Université d'Ottawa Charles Le Blanc voit dans ce sondage la manifestation claire d'une volonté politique de démanteler le Bureau de la traduction.

Le professeur Le Blanc déplore que le monde de la traduction ait déjà été sondé par le Comité permanent des langues officielles au printemps dernier, et que les recommandations de ce comité parlementaire portant sur le BT aient été balayées du revers de la main par le gouvernement de Justin Trudeau.

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