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Un taux d’homicides frôlant les records pourrait devenir une « nouvelle norme » à Ottawa

Le nombre d'homicides enregistrés cette année dans la capitale nationale, un chiffre qui frôle un record vieux de plus de 20 ans, pourrait représenter la « nouvelle norme », selon le surintendant Don Sweet de la direction des Enquêtes criminelles de la police d'Ottawa.

Au cours de la fin de semaine dernière, la Ville a enregistré ses 21e et 22e meurtres de l’année.

Le record du plus grand nombre de meurtres à Ottawa remonte à 1995, année où s’étaient produits 24 homicides.

Alors que la capitale a récemment battu un record en ce qui a trait au nombre de fusillades, le Service de police observe une hausse du nombre de personnes qui se dotent d’une arme ou de couteaux.

« Je ne peux pas dire avec certitude qu’il y a plus d’armes qu’avant, mais je peux dire qu’ils [les gens] semblent plus enclins à utiliser les armes qu’ils ont sous la main [trad. libre] », souligne le surintendant Sweet.

Don Sweet précise que la majorité des homicides qui ont eu lieu à Ottawa sont le résultat d’actes ciblés pour des questions de vengeance, de représailles ou de conflits liés à la drogue.

Un manque de ressources humaines

Selon le surintendant de la direction des Enquêtes criminelles de la police d’Ottawa, la question d’avoir le personnel nécessaire pour répondre à ces situations représente un défi continu.

L’Unité des bandes et des armes à feu dispose de huit agents à temps plein, en plus des trois agents à temps plein de l’Équipe d’intervention directe (EID), responsable de surveiller les membres de gangs de rue.

Toutefois, de mai à novembre 2016, les officiers de l’EID ont travaillé aux patrouilles plutôt que de remplir leurs tâches normales, afin de remédier au manque de personnel.

Les enquêteurs des crimes majeurs sont à bout de souffle, selon Don Sweet. Il croit qu’en embaucher davantage permettrait aux agents d’être plus proactifs et de tenter de prévenir les situations avant qu’elles ne dégénèrent en fusillades.

Il précise que le chef de police Charles Bordeleau a décidé, la semaine dernière, que davantage d’enquêteurs seront affectés aux crimes majeurs pour travailler sur les cas d’homicides.

Dix des homicides qui se sont produits cette année n’ont toujours pas été résolus.

Le surintendant Sweet craint par ailleurs qu’un nouveau règlement sur les contrôles de routine, qui entrera en vigueur en 2017, ne vienne compliquer davantage les interactions des policiers dans la communauté. Ce nouveau règlement empêchera les agents d’arrêter des gens au hasard, afin de recueillir des informations personnelles.

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