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Un tourneur de bois de Gatineau choisi pour le couple princier britannique

Denis H. Gauthier était très jeune quand il a découvert son amour pour le bois. Rien ne lui indiquait toutefois que chaque morceau d'arbre qu'il croiserait allait devenir une possible oeuvre d'art.

Denis n’avait pas encore 10 ans lorsque son grand-père maternel lui a offert ses premiers ciseaux à bois.

Avant même de commencer à les utiliser, il se rappelle qu’en vacances chez son grand-père l’été, son activité préférée était de redresser des clous sur une bûche.

Petit à petit, cette bûche est devenue la matière première qu’il aimait bien sculpter pour le plaisir avec ses nouveaux ciseaux. « Un jour, le centre de réhabilitation pour lequel je travaillais a invité un tourneur de bois pour faire une démonstration. À ce moment-là, j’ai eu la piqûre : il fallait que j’aie un “tour à bois”, car c’était incroyable les choses que l’on pouvait faire avec ça. »

Son amour pour travailler le bois est si intense que Denis Gauthier décide de construire lui-même son premier « tour », pièce par pièce. Il l’a lui-même dessiné.

La passion prend le dessus sur le quotidien

À l’époque, le jeune Denis résidait à Sturgeon Falls dans le nord de l’Ontario et les tourneurs de bois ne couraient pas les rues.

Au total, une demi-douzaine de personnes pratiquaient cet art, disséminées sur un territoire de plusieurs milliers de kilomètres carrés.

Pour parfaire son art et développer son talent, Denis Gauthier s’inscrit alors à des formations aussi loin que Vancouver, en plus de se déplacer à Toronto et à Ottawa pour participer à des expositions.

Il présente même ses oeuvres dans des sous-sols d’églises, avec son fils Martin. Son intention principale n’est pas de vendre, mais bien de partager son amour et sa passion pour le bois, en plus de faire connaître son métier de tourneur de bois.

Plus les années passent, plus son côté artistique prend de l’expansion dans son quotidien, devenant même une sorte de thérapie.

À un point tel que M. Gauthier réalise que lorsqu’il crée ses oeuvres, le stress lié au travail disparaît.

Je fais le vide quand je commence à tourner une pièce de bois. Au départ, c’est une simple bûche, une pièce de bois difforme. Mais quand elle commence à prendre forme, ça me rend vraiment heureux. Je me sens très bien.

Denis H. Gauthier

Un appel qui change la perception de son travail

En septembre dernier, le bureau du premier ministre du Canada téléphone à Denis Gauthier pour lui demander une pièce unique.

Sophie Grégoire, la femme de Justin Trudeau, a remarqué son travail dans une brochure et elle souhaite commander un chandelier.

D’abord un peu hésitant, M. Gauthier accepte de créer cette pièce. Mais on lui précise rapidement que cette dernière doit être prête le 21 septembre.

Denis Gauthier sent la pression monter : il informe le bureau du premier ministre qu’un tel échéancier sera difficile à respecter, puisque ses commandes sont nombreuses. Mais l’attaché de presse insiste, soulignant que la date ne peut pas être déplacée.

M. Gauthier se dit qu’une telle offre ne reviendra probablement pas et se met à la tâche.

Quelques jours plus tard, on l’informe que la pièce doit être gravée avec les noms suivants : William, Catherine, George et Charlotte. Sans trop poser de questions, il aborde le sujet le soir même avec sa conjointe.

Quand j’ai dit les noms à ma femme, elle m’a regardé et m’a dit : “Tu n’as aucune idée c’est qui?” Je lui ai dit : “Non”. Et elle m’a dit : “Tu es en train de faire une pièce pour la famille royale! “ Ah ben là, les deux bras m’en sont tombés.

Denis Gauthier

Quand les gens ont appris que M. Gauthier avait réalisé une pièce pour le couple princier britannique, les visites sur sa page Facebook ont explosé avec plus de 9000 clics en une seule journée!

Lors de son exposition suivante, Denis Gauthier a aussi l’idée de mettre devant son kiosque une affiche racontant son histoire avec la famille royale et le premier ministre Trudeau.

De nombreuses personnes intriguées lui ont posé beaucoup de questions.

« ­J’ai une personne qui m’a acheté un nichoir d’oiseau et quand elle s’est rendu compte de l’histoire, elle m’a dit : “ Je vais t’en acheter une deuxième et je vais te les faire signer toutes les deux.” C’était la première fois qu’une telle chose m’arrivait. »

L’héritage qu’il souhaite laisser

Denis Gauthier est conscient que toute forme d’art peut être éphémère.

Malgré tout, il souhaite du fond du coeur que ceux qui se procurent une de ses oeuvres soient aussi fiers que lui de ces pièces et que celles-ci traversent les époques, de génération en génération.

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