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Un vétéran sauvé de justesse de l'itinérance

À la veille des cérémonies du jour du Souvenir, un ancien combattant a été sauvé de justesse, vendredi, d'une éviction de sa maison faute de moyens financiers. Perry Gray espère que son histoire sensibilisera les gouvernements au problème d'itinérance des vétérans.

Âgé de 60 ans, M. Gray a servi dans les Forces armées canadiennes en Croatie et à Chypre. L’ancien militaire souffre du syndrome de stress post-traumatique.

Au cours des deux dernières années, il a été incapable de gérer ses affaires personnelles.

Les enveloppes brunes du ministère des Anciens Combattants, les lettres de la banque, celle de l’avocat étaient, dans sa tête, toutes porteuses de mauvaises nouvelles et menaçaient sa sécurité. Cette situation est souvent qualifiée par les anciens combattants du « syndrome de l’enveloppe brune ».

M. Gray n’ouvrait pas les enveloppes, s’étant réfugié dans une sorte de forteresse personnelle.

« Tu bâtis un mur physique et mental et tu continues d’y ajouter des briques », a expliqué M. Gray.

Les lettres se sont accumulées sur la table, formant une immense pile.

Heureusement, son ami Sean Bruyea est venu à sa rescousse, juste à temps.

Dans la pile de lettres se trouvait la solution aux problèmes financiers.

« J’ai dit : "Perry, il y a du bon là-dedans, tu dois les ouvrir, elles vont te sauver [de l’éviction]" », a raconté M. Bruyea.

M. Gray a eu la chance d’avoir son ami à ses côtés lors de ces moments difficiles, alors que lundi l’avis d’éviction lui était envoyé. M. Bruyea a alors réussi à convaincre le ministère des Anciens Combattants d’agir rapidement.

M. Gray a reçu un appel du ministère des Anciens Combattants, qui lui ont annoncé qu’il aura droit à des paiements rétroactifs depuis 2011, de l’argent qui lui permettra de payer ses dettes.

Des milliers de vétérans sans-abri

Les anciens combattants n’ont pas tous eu cette chance. L’organisme Vets Canada parcourt les refuges pour sans-abris au pays.

« Depuis que nous avons commencé en 2010, nous avons aidé plus de 2000 vétérans », a affirmé Debbie Lowther, cofondatrice de l’organisme.

Selon elle, d’anciens combattants itinérants, il y en aurait plus de 2000 encore, dans les refuges à l’heure actuelle.

Le ministère des Anciens Combattants reconnait qu’il s’agit d’un problème grandissant, puisque les efforts pour les retracer et les aider sont plus grands. Le gouvernement fédéral dévoilera bientôt sa stratégie d’hébergement pour les vétérans.

Plusieurs souhaitent toutefois la création d’un programme d’accompagnement pour ceux et celles qui n’ont pas d’amis ou de famille pour leur donner un coup de main.

Mme Lowther affirme que le ministère a les ressources, mais qu’il s’agit d’un « processus encombrant ».

D’après un reportage de Stéphane Leclerc

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