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Une activité à caractère sexuel sème la controverse à l'Université d'Ottawa

Des étudiants de l'Université d'Ottawa dénoncent une fête étudiante à caractère sexuel qui impliquerait plusieurs associations étudiantes. Cette controverse éclate à la suite de la publication d'un article dans un journal étudiant, La Rotonde.

Un texte de Jérémie Bergeron

Le « Tour des anciens », activité qui existerait depuis plusieurs années, incite les participants à faire des activités, parfois sexuelles, en échange de points.

La liste comprendrait des gestes sexuels disgracieux et si explicites que Radio-Canada a fait le choix de ne pas les énumérer.

L'objectif premier de cette fête : récompenser les membres d'associations étudiantes avec une soirée exclusive, sur invitation seulement, selon une source.

L'Université d'Ottawa a condamné fermement, en fin de journée, « la tenue récente d'un événement encourageant certains gestes disgracieux ».

Par communiqué, l'établissement a rappelé son règlement sur la prévention de la violence sexuelle.

Pour pimenter la soirée et favoriser l'esprit d'équipe, des défis sont proposés, selon Yasmine Mehdi, journaliste pour le journal étudiant de l'Université. Elle a voulu infiltrer la soirée cette année pour un reportage.

Un autre étudiant, qui préfère garder l'anonymat par crainte de représailles de ses collègues, se rappelle être revenu du « Tour des anciens » complètement perturbé. Il aurait participé à l'édition 2015 de cette fête.

Certaines des activités à caractère sexuel proposées n'étaient pas sécuritaires, selon lui.

« Tu pouvais remporter des points pour embrasser quelqu'un, mais les multiplier si on ne portait que peu ou pas de linge », explique l'homme.

La Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa a simplement répondu par courriel qu'elle travaille intensivement pour combattre la culture du viol, mais qu'aucune entrevue ne sera accordée pour le moment, « en raison de la nature délicate de ces allégations ».

« Il faut se remettre en question »

De son côté, la journaliste de La Rotonde Yasmine Mehdi dénonce la situation. Elle estime que ces fêtes démontrent qu'une culture du viol est toujours bien en place dans l'esprit de certains étudiants.

« Il faut aussi se remettre en question et se dire que des événements comme ça, ce n'est pas aussi anodin qu'on pourrait le penser », affirme Mme Mehdi.

Ce n'est pas la première fois que des étudiants de l'Université d'Ottawa sont impliqués par des allégations de nature sexuelle. En 2014, deux joueurs de hockey des Gee-Gees, de l'Université d'Ottawa, ont été accusés d'agression sexuelle.

Avec la collaboration de Claudine Richard et Lorian Bélanger

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