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Une autre manifestation devant un Tim Hortons d'Ottawa

Des dizaines de manifestants se sont rendus devant un restaurant de la chaîne Tim Hortons, sur le chemin de Montréal à Ottawa, pour appuyer des employés qui disent être désavantagés en marge de la hausse du salaire minimum en Ontario.

Les patrons auraient décidé de sabrer les avantages consentis aux employés en raison de la hausse du salaire minimum, qui est passé en Ontario de 11,60 $ à 14 $ l’heure le 1er janvier.

Une employée de la franchise et le Conseil du Travail d’Ottawa, qui organise cette manifestation, affirment que le rabais dont disposent les travailleurs pour leurs repas est passé de 50 à 15 %. Des pauses auraient aussi été enlevées.

« Certains employeurs ne payent pas cette hausse du salaire minimum ou tentent de contourner les règles. Ça n'arrive pas seulement chez Tim Hortons. C’est important de surveiller la situation de près », affirme le président du Conseil du travail d'Ottawa, Sean Mckenny.

Le Conseil aurait reçu une centaine de courriels et d’appels concernant des situations fâcheuses d’employées. La majorité de ces plaintes proviendraient du domaine de la restauration. Le siège social de Tim Hortons n'a toujours pas commenté cette manifestation.

Des clients du restaurant, comme Louise Romanow, se sont dits consternés par les actions de certains franchisés.

« Je trouve ça effrayant, tout est cher, donnez-leur le minimum. Ils travaillent très fort ces gens-là, ce sont des jeunes, ce sont des parents, ils ont besoin de cet argent-là. Je ne comprends pas pourquoi ils font cela ici, c'est une place où ils font beaucoup d'argent », a-t-elle déclaré.

De la cinquantaine de manifestants sur place, bon nombre étaient affiliés à des centrales syndicales canadiennes. Pour eux, il s'agit de poursuivre l'élan lancé par des employés de Tim Hortons de partout en Ontario et ailleurs au pays qui ont dénoncé des pratiques douteuses après l'entrée en vigueur de la hausse du salaire minimum, le 1er janvier.

« C'est une continuité de ce qui se passe depuis que Tim Hortons a annoncé les attaques contre ses travailleurs et travailleuses à cause de l'augmentation de salaire qui est très raisonnable selon le mouvement syndical », affirme Donald Lafleur, vice-président exécutif du Conseil du travail du Canada.

Notons que la direction de Tim Hortons a déclaré le 5 janvier dernier que les propriétaires des franchises ont trouvé la transition de la hausse du salaire minimum difficile, mais que les employés ne devraient pas pour autant « être utilisés pour défendre une position ». Tim Hortons critique les actions entreprises par certains propriétaires de franchises qui ne reflètent pas « les valeurs de la compagnie ».

« La gérance haute placée [de Tim Hortons] ne semble pas être d'accord avec les coupures qui sont implantées au niveau de l'Ontario, donc on va exploiter cela », a déclaré M. Lafleur.

Il s'agit d'une deuxième manifestation officielle à avoir lieu devant un Tim Hortons, à Ottawa. Des dizaines de personnes ont manifesté devant un Tim Hortons de la rue Sparks, le 10 janvier.

Rappelons qu'au début janvier, des employés d'un Tim Hortons de Cobourg, en Ontario, soutenaient qu'on leur a demandé de signer un document reconnaissant qu'ils perdent leurs pauses payées et leurs avantages sociaux en raison de la hausse du salaire minimum dans la province.

Les propriétaires de la franchise sont Ron Joyce fils et Jeri-Lynn Horton-Joyce, le fils et la fille des cofondateurs de la chaîne, Ron Joyce et Tim Horton. Le siège social de Tim Hortons avait ensuite déclaré que les employés ne devraient jamais être traités comme de « simples dépenses ».

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