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Une bière brassée des deux côtés de la rivière des Outaouais pour dénoncer les lois sur l'alcool

Les brasseries du Bas-Canada à Gatineau et Flora Hall à Ottawa unissent leur force pour créer une seule bière. Une collaboration qui se veut un pied de nez aux lois sur le commerce interprovincial d'alcool dont les producteurs artisanaux disent en souffrir.

On va brasser une brute de IPA [India Pale Ale], une bière houblonnée très aromatique, qui est brassée dans un style très sec et gazéifié, décrit Gabriel Girard Bernier, copropriétaire de la brasserie du Bas-Canada.

Le côté brut c'est un clin d'oeil dans un style en vogue sur la côte ouest-américaine, précise-t-il, en entrevue à Radio-Canada.

La brasserie du Bas-Canada compte en produire environ 1200 litres, contre 1550 pour le Flora Hall.

Au-delà des arômes novateurs, c'est une action symbolique que les brasseries de Gatineau et d'Ottawa veulent mener pour dénoncer les lois sur le commerce de l'alcool entre les provinces canadiennes.

On espère que les choses vont bouger, poursuit le copropriétaire. Il y a certains progrès qui sont faits, mais c’est quand même très très lent.

La bière s'appelle Gérard Comeau, du nom d'un Néo-Brunswickois qui a porté sa cause en cour suprême pour contester les lois actuelles sur le commerce de l’alcool.

M. Comeau s'était fait arrêter dans sa province, en possession de plus de 340 bouteilles de bière et de 3 bouteilles de spiritueux achetées au Québec. Or, selon l'interprétation de la Cour suprême, l'article 121 n'impose pas de régime de libre-échange absolu dans l'ensemble du Canada.

On a contacté M. Comeau pour avoir son approbation, et ça fait son affaire, a poursuivi M. Girard Bernier.

Le secteur des brasseries artisanales crée beaucoup d'emplois et beaucoup de dynamisme, notamment dans les régions moins prospères, juge-t-il regrettant l'archaïsme des lois.

Selon les chiffres avancés par M. Girard Bernier, il existe environ 750 brasseries artisanales au Canada dont 200 sont au Québec.

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