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Une caricature sur les Broncos de Humboldt enflamme les réseaux sociaux

Une caricature de Guy Badeaux (Bado) sur l'accident tragique qui a coûté la vie à 16 membres de l'équipe de hockey des Broncos de Humboldt soulève la controverse.

Un texte de Caroline Bourdua

La caricature, publiée par des journaux membres de l'Association de la presse francophone,  n'est pas passée inaperçue.

Mercredi, un internaute franco-ontarien a interpellé sur Facebook le Journal Le Voyageur, un hebdomadaire qui a publié la caricature. En quelques heures, la publication de Ryan Demers a été commentée une quarantaine de fois.

« Mauvais goût », « manque de jugement » ou « tout simplement déplorable » sont quelques-uns des commentaires laissés sur la publication de M. Demers.

« Un dessin éditorial »

C’est l’organisme Francopresse qui fournit aux hebdomadaires membres la caricature proposée chaque semaine par Guy Badeaux.

« Il s’agissait de souligner la tragédie par une caricature [...] qui nous montre dans ce cas-ci à quel point les temps ont changé depuis une trentaine d’années », explique la coordonnatrice Andréanne Joly.

Un rapprochement entre deux accidents

L’auteur de la caricature, Guy Badeaux, explique qu’il a voulu faire le rapprochement entre les accidents d’autobus survenus chez deux équipes des Broncos.

« Ce qui m’a inspiré ce sont les événements survenus au Bataclan, dit-il. Lorsque les policiers sont rentrés, il y avait des cellulaires qui sonnaient partout et j’ai pensé à la même chose pour Humboldt. »

Guy Badeaux avoue que c’est la première fois qu’un de ses dessins suscite une critique négative de la part de lecteurs.

Il a même écrit un commentaire sur sa démarche sur la publication Facebook de l’internaute Ryan Demers.

Le Journal Le Voyageur s'explique

Julien Cayouette, le directeur de l’information de l’hebdomadaire Le Voyageur, reconnaît avoir été surpris par la caricature offerte cette semaine.

M. Cayouette explique que la caricature donne une impression de tristesse de par ses coups de crayon flous, en noir et blanc.

« Ensuite, les "bips-bips" et les "drings-drings" ne doivent pas être interprétés comme une moquerie du fait que tous les jeunes ont un cellulaire aujourd'hui », dit-il.

Selon lui, les parents des victimes ont probablement vu l’accident avant même d’être informés.

« Et sachant que leur enfant est dans l’autobus, c’est la panique et on voit les téléphones sonner, alors qu'en1986, ils n’avaient pas moyen de rejoindre [l'équipe impliquée dans l'accident] », conclut M. Cayouette.

L'hebdomadaire nord-ontarien a expliqué sa décision de publier la caricature sur sa page Facebook.

M. Cayouette assure que dans la prochaine publication du Voyageur, les lecteurs verront un encadré dans lequel le journal explique sa position.

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