Retour

Une danseuse autochtone du groupe Tribe Called Red se fait pourchasser et refuser un taxi

La danseuse du groupe A Tribe Called Red, Angela Gladue, était à Winnipeg pour le Festival folk lorsqu'un conducteur de Duffy's Taxi à Winnipeg a réclamé un paiement d'avance lundi soir, alors qu'elle estimait que sa vie était en danger.

Un « homme étrange » pourchassait Angela Gladue sur l’avenue Portage au centre-ville de Winnipeg. La femme d’Edmonton s’est donc réfugiée dans un taxi. Le chauffeur l’a surprise en réclamant un paiement d’avance en liquide.

« Je lui ai dit : "Oui, j’ai de l’argent, mais commencez à rouler tout de suite. Je vais vous payer, mais conduisez, il y a un homme qui arrive et j’ai peur" », raconte la danseuse de pow-wow du groupe de musique électronique d’Ottawa.

« Il a dit : "Donnez-moi 10 $ " », ajoute-t-elle.

À Edmonton, des conducteurs lui avaient réclamé un paiement d’avance par le passé, elle avait accepté contre son gré.

Le conducteur refusait toujours de partir, et l’homme qui la poursuivait faisait les cent pas autour du taxi, affirme Mme Gladue.

« Je lui ai dit : "Est-ce que vous refusez de me servir? Ma vie est en danger" », développe-t-elle.

« Alors j’ai parlé des femmes autochtones disparues et assassinées et je lui ai dit qu’il se comportait de façon raciste envers moi », indique la danseuse.

Mme Gladue a dit au conducteur du taxi qu’elle allait porter plainte contre lui. Elle a pris le numéro de son taxi, et puis s’est dirigée dehors alors qu’un autre taxi passait. L’homme qui la poursuivait était encore dehors.

En larmes, elle a expliqué ce qui s’était passé au second conducteur, et il lui a dit de faire les quatre pâtés de maison qui la séparait de l’hôtel Fairmont à pied.

« J’ai dû le supplier de m’y conduire, et j’ai commencé à pleurer parce que je me sentais humiliée », poursuit Mme Gladue.

Le conducteur a accepté. Il l’a conduite quatre pâtés de maisons plus loin, et elle lui a donné 10 $.

« La réalité à laquelle je suis confrontée tout le temps »

La femme crie dit qu’elle pense aux femmes autochtones disparues et assassinées chaque jour. Pendant son enfance, sa mère lui racontait la violence encourue par les femmes autochtones, ce qui a enraciné chez elle des réflexes de sécurité.

« Même en rentrant à pied du studio [lundi], je me disais : "Il y a une fourgonnette blanche, fait gaffe à cette fourgonnette, est-ce qu’il va passer à côté de moi de nouveau?" », raconte Mme Gladue.

La danseuse et chorégraphe a participé à nombre de collectes de fonds et d’événements pour sensibiliser le public au sort des femmes autochtones disparues et assassinées. Elle espère qu’en partageant cette histoire elle pourra instruire le public davantage.

Elle explique qu’elle a essayé de dénoncer le conducteur, mais que la boîte de réception des courriels du gérant était pleine.

Duffy’s taxi dit ne pas avoir reçu de plainte formelle, mais affirme avoir communiqué avec Angela Gladue et le conducteur, et avoir lancé une enquête interne.

« C’est une situation horrible », dit la compagnie et « personne ne devrait se sentir en danger en marchant dans les rues de Winnipeg ».

La Ville de Winnipeg, qui administre l’industrie des taxis, déclare avoir reçu une plainte de Mme Gladue et qu’une enquête est ouverte.

Le porte-parole de la Ville indique qu’il y a eu 48 plaintes formelles contre des entreprises de transport de particuliers depuis le 1er mai 2018.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Trop mignons ces animaux qui font dodo





Rabais de la semaine