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Une détenue aurait fait une fausse couche dans sa cellule à Ottawa

Une détenue de la prison d'Ottawa-Carleton n'a pas reçu les soins appropriés durant une fausse couche survenue dans sa cellule, la semaine dernière. C'est du moins ce qu'avance Erica Tanny, l'avocate de la femme de 28 ans qui ne veut pas révéler son identité.

La détenue aurait été arrêtée le 11 janvier, amenée à l’hôpital pour une échographie, qui a révélé qu’elle était enceinte de 11 à 12 semaines, puis emprisonnée au Centre de détention d’Ottawa-Carleton (CDOC).

La femme aurait signalé des saignements récurrents pendant son emprisonnement, a affirmé Me Tanny. Le 25 janvier, elle aurait commencé à saigner de façon incontrôlable.

Une quinzaine de minutes plus tard, elle aurait été transportée à l’hôpital dans un véhicule de transport de prisonniers au lieu d’être emmenée en ambulance. L’avocate a qualifié d’inhumain le traitement reçu par sa cliente au CDOC.

Cette dernière, qui avait été reconnue coupable de comportement illégal et de deux chefs d’accusation de vol, est maintenant sortie de prison.

Le ministère enquête

La ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l’Ontario, Marie-France Lalonde, a indiqué, vendredi, qu'elle prenait ces allégations au sérieux.

« La sécurité et le bien-être des détenus, partout dans la province, sont ma priorité », a-t-elle affirmé.

D'autres cas dénoncés

Les conditions de détention au CDOC ont déjà fait l’objet de critiques par le passé. Le gouvernement provincial a d’ailleurs annoncé, mardi, avoir mis en œuvre les recommandations à court terme du plan d'action du Groupe d'examen concernant le Centre de détention d'Ottawa-Carleton.

De plus, le CDOC et la province font l’objet d’une poursuite de plus de 1 million de dollars intentée par Julie Bilotta, une ancienne détenue qui a accouché dans sa cellule en 2012. Cette dernière croit que les mauvais soins qu’elle a reçus sont liés au décès, un an après sa naissance, de son fils, qui souffrait de problèmes respiratoires.

Aujourd’hui, son avocat, Lawrence Greenspon, n’est pas surpris de voir ce nouveau cas survenir.

« Ce cas montre un système qui n'a pas changé et, comme on dit : "Plus ça change, plus c'est pareil" », explique l’avocat.

Avec les informations du journaliste Gilles Taillon

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