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Une faille dans le système d'Élections Canada permet de voter plus d'une fois

Une brèche ouvre la voie à des électeurs malhonnêtes qui voudraient voter plus d'une fois, selon ce qu'a appris Radio-Canada.

Un texte de Jérémie Bergeron avec les informations de Jérôme Bergeron

Cette faille dans le système d'Élections Canada concerne les listes électorales. Au fait, l'absence de synchronisation de la liste en temps réel pourrait permettre à une personne qui veut déjouer le système de voter deux fois, ce qui est tout à fait illégal.

Un citoyen pourrait se présenter dans son bureau de vote par anticipation pour exercer son droit de vote. Tel que prévu, son nom serait ainsi rayé d'une liste papier.

Ce même citoyen pourrait ensuite se présenter au bureau du directeur de scrutin de sa circonscription et demander un bulletin de vote.

Or, la mise à jour de la liste informatisée qui se trouve à cet endroit ne se fait que le lendemain, à partir des listes papier des bureaux de vote. Il faudrait donc plusieurs heures pour qu'Élections Canada se rende compte que l'électeur est allé voter deux fois.

La situation a provoqué un malaise au sein de l'arène politique, dont Steven Mackinnon, candidat du Parti libéral du Canada dans Gatineau.

De son côté, le candidat du Bloc québécois, Philippe Boily, ne comprend pas pourquoi les technologies ne sont pas plus à jour.

« On pourrait prévenir ce genre de chose », explique le bloquiste. « On doit réagir et c'est au gouvernement de faire ça. »

Réactions d'Élections Canada

Une directrice du scrutin à Gatineau et une autre source à Élections Canada soutiennent que les bulletins de vote frauduleux ne peuvent être retracés.

À la suite de la diffusion de cette nouvelle, une porte-parole d'Élections Canada a cependant souligné qu'il existait une façon de faire un lien entre l'électeur malintentionné et son bulletin de vote, bien que les directeurs de scrutin n'en soient pas nécessairement au courant.

Élections Canada a refusé d'accorder une entrevue à Radio-Canada, mais a tenu à rappeler par courriel la loi électorale : « Quiconque est déclaré coupable d'avoir demandé un deuxième bulletin de vote ou d'avoir demandé un bulletin de vote sous un autre nom est passible d'une amende maximale de 50 000 $ et d'un emprisonnement maximal de cinq ans, ou de l'une de ces peines. Le montant de l'amende est passé de 5 000 $ à 50 000 $ depuis l'entrée en vigueur du projet de loi C-23 ».

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