Le dernier film du réalisateur gatinois Philippe Falardeau tient l'affiche au cinéma. Avec Chuck, il réussit encore à plaire, cette fois avec une proposition loin de ses repères personnels. Un fin dosage entre des inspirations en terrain connu et des projets plus déstabilisants ponctue son parcours. Retour avec le cinéaste sur une filmographie qui prend racine dans les collines de l'Outaouais.

Un texte de Stéphanie Rhéaume pour l'émission Les malins

Les derniers nés de l’aventure américaine de Philippe Falardeau semblent bien loin de ses racines outaouaises – Chuck (2017) se passe dans l’univers de la boxe à New York et The Good Lie (2014) relate le récit d’immigrants soudanais en exil aux États-Unis.

Les cinéphiles en viennent à oublier comment ses racines ont nourri son oeuvre.

Sainte-Cécile mise en abyme dans Congorama et Monsieur Lazhar

À Cannes, en 2006, les festivaliers ont eu avant-goût de la toponymie propre aux collines de l’Outaouais. Sur le grand écran, les personnages incarnés par le Québécois Paul Ahmarani et le Belge Olivier Gourmet évoquaient sans ambages leurs « Sainte-Cécile », « Lac des loups », « Duclos » et « Wakefield ». Bien que tout laissait croire que cette histoire d’inventeur belge né dans une grange au Québec avait été tournée en Outaouais, les impératifs financiers ont contraint Philippe Falardeau à rapprocher son équipe de tournage de Montréal.

Le petit village de Sainte-Cécile-de-Masham conserve néanmoins une grande place dans le coeur du cinéaste. Il y retourne encore chaque année, puisque le chalet familial s’y trouve toujours. Dans sa jeunesse, sa famille s’y rendait chaque fin de semaine, en plus d’y passer l’été.

Même si la référence à Sainte-Cécile demeure beaucoup plus subtile dans Monsieur Lazhar, il s’avère intéressant de la mettre en lumière. Dans ce film d’une grande humanité, Bashir Lazhar, un immigrant algérien, enseigne à l’École Sainte-Cécile-de-l’Assomption!

« Bien sûr que c’est arrangé avec le gars des vues, s’amuse Philippe Falardeau. En écrivant, j’avais beaucoup en tête l’école primaire Mont-Bleu. C’est là où je suis allé. Dans le film, la configuration est un petit peu différente dans la cour d’école. Mais dans ma tête, je voyais les corridors, l’escalier, les classes, les casiers… À Montréal, je cherchais inconsciemment une école comme ça. Encore là, il y avait du quartier de mon enfance dans Monsieur Lazhar. »

Guibord s’en va-t-en guerre : un tournage impensable aujourd’hui

En 2014, l’enfant chéri de l’Outaouais tourne enfin dans sa région natale. Il réalise une satire politique, Guibord s’en va-t-en guerre, qui nécessite une scène au parlement et des prises de vue aériennes au-dessus du pont Alexandra.

Dans la lentille de Falardeau, on observe l’excitation du jeune Souverain Pascal (Irdens Exantus) lors de son arrivée dans la capitale fédérale. Le stagiaire d’origine haïtienne accompagne le député indépendant Steve Guibord (Patrick Huard).

Le cinéaste est persuadé que Guibord s’en va-t-en guerre a pu voir le jour en raison de son vécu dans la région.

« Ce film aurait été impossible à imaginer, construire et écrire si je n’étais pas né ici, explique Philippe Falardeau. Je me suis intéressé à la politique fédérale très jeune. J’ai étudié en science politique avec une spécialisation en politique canadienne à l’Université d’Ottawa. J’ai été guide sur la colline parlementaire. Je tenais beaucoup à aller tourner les plans sur la colline du Parlement. [...] C’est un film qui clairement a été possible parce que je suis né ici, dans l’Outaouais, que j’ai grandi ici, que je suis allé à l’école ici et que j’ai travaillé ici. »

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