Retour

Une loi sur les manifestations devant les cliniques d'avortement serait bien accueillie

La députée péquiste Carole Poirier a déposé un projet de loi qui vise à créer un périmètre de sécurité autour des cliniques d'avortement du Québec. Si elle est adoptée, la nouvelle loi interdirait aux groupes pro-vie de manifester à proximité des 47 établissements du Québec qui offrent un service d'avortement.

À la clinique des femmes de l'Outaouais, où on pratique de 25 à 30 avortements par semaine, les dirigeants espèrent que ce projet de loi sera adopté, car cela faciliterait le travail des employés.

En ce moment, les cliniques d'avortement doivent avoir recours à des injonctions pour protéger les patientes et les employés des manifestants pro-vie.

Le processus de demande d'injonction est complexe et coûteux, parfois les cliniques peuvent débourser jusqu'à 100 000$ en frais juridiques.

Et si l'établissement ouvre une autre succursale ou déménage, tout est à recommencer.

Dans le cas de la clinique des femmes à Gatineau, l'établissement a obtenu une injonction en 2008, une des seules cliniques au Québec à avoir réussi à l'obtenir. Un périmètre empêche de tels rassemblements à proximité de l'établissement.

Mais avant sans cette injonction, offrir des soins de santé en confidentialité était difficile, affirme la directrice générale de la Clinique des femmes de l'Outaouais, Patricia Larue.

« Les femmes étaient beaucoup plus stressées et éprouvées. [...] Les manifestants n'ont fait que rendre l'expérience plus difficile. À ce moment-là, il faut utiliser plus de médicaments. »

Si la loi est adoptée, elle suggère des amendes de 100$ pour la première offense et de 1000$ pour le deuxième délit.

Ailleurs au pays?

Les manifestants se sont déplacés à Ottawa sur la rue Bank, devant une clinique d'avortement qui n'est pas visée par une injonction.

La Colombie-Britannique est la seule autre province qui s'est dotée d'une loi semblable au projet de loi québécois.

La présidente de la Fédération canadienne de l'avortement Dawn Fowler espère que le projet sera adopté pour que les femmes cessent d'être intimidées.

La ministre de la Condition féminine Lise Thériault affirme que le projet de loi devra être analysé, mais a manifesté une certaine ouverture.

« S'il y a une chose qu'on a gagnée au Québec, c'est le droit de l'avortement. [...] Faut que les femmes puissent le faire en toute quiétude, et qu'elles ne soient pas harcelées lorsqu'elles sortent des cliniques », a-t-elle affirmé en mêlée de presse à Québec.

Avec les informations de Catherine Lanthier

Plus d'articles