Retour

Une mère de famille de 39 ans emportée par la grippe en moins de 24 heures

Personne ne peut s'imaginer perdre sa douce moitié en raison d'une grippe. Encore moins lorsque cette dernière a 39 ans. C'est pourtant la triste réalité à laquelle doit faire face Donald Marengere, qui a perdu sa conjointe, Cynthia Thibaudeau, la semaine dernière.

Un texte de Jérémie Bergeron

Dans sa grande maison bleue du secteur de Gatineau, Donald Marengere est encore abasourdi. Des photos de sa défunte conjointe et de sa famille tapissent les murs. Après une grande respiration, le papa de deux jeunes garçons se livre, une semaine après la mort de sa conjointe.

« Aucun signe n’aurait pu laisser croire qu’une grippe pouvait dégénérer à ce point-là », lance d’entrée de jeu M. Marengere.

Cynthia Thibaudeau était étudiante au collège La Cité en techniques de travail social. En pleine session, la toux, la fièvre et les courbatures, des symptômes classiques de la grippe, sont venues la déranger, même si elle s'était fait vacciner contre la grippe. La dame et son conjoint ont donc décidé de consulter un médecin le vendredi 9 février.

Après quelques tests à l'Hôpital Monfort, qui ont plus tard confirmé qu'elle avait bien contracté l'influenza, Mme Thibaudeau a été renvoyée chez elle la même journée, sans avoir obtenu de soins particuliers.

C’est deux jours plus tard, le dimanche 11 février, que les choses se gâtent. Voyant qu'elle est incapable de marcher, son conjoint appelle l’ambulance, qui transportera Mme Thibaudeau à l’Hôpital de Gatineau vers 22 h 30. C'est le début d’un périple dans les hôpitaux de la région.

Premier constat, à Gatineau : hémorragie au niveau des poumons. « Gatineau n’avait pas l'équipement nécessaire pour colmater l'hémorragie », explique M. Marengere.

La femme sera alors transportée à l’Hôpital de Hull. Mais quelques heures plus tard, c’est son coeur qui inquiète les spécialistes.

La patiente est déplacée à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, où elle mourra quelques heures plus tard. Moins de 24 heures se sont écoulées depuis son admission à l’Hôpital de Gatineau.

Une semaine après la mort de Mme Thibaudeau, les plaies sont encore bien ouvertes.

« L'espace [de la maison est] vide, son absence continue [...] et notre lit est maintenant trop grand, même si les enfants viennent prendre la place de maman, parce qu’ils veulent être consolés la nuit », raconte avec émotion le père de famille. « C’est ça qui est le plus difficile en ce moment. »

L’Hôpital Montfort révise son dossier

Plusieurs questions demeurent sans réponses aux yeux de Donald Marengere.

« Est-ce qu’avoir les services au même endroit lui aurait permis une meilleure chance de survie? Je ne sais pas », se demande le père de famille. « Est-ce que dès les premiers signes, on aurait dû initier une série de médicaments pour combattre une infection bactérienne à la place d’une infection virale? Encore là, je ne sais pas. »

Sans vouloir commenter davantage, l’Hôpital Montfort, la première institution visitée par Cynthia Thibaudeau, affirme qu’une enquête interne du cas est en cours.

De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais soutient que « la décision de transférer un usager se fait toujours en fonction de la condition médicale de celui-ci. Il est donc tout à fait normal de transférer une personne dont l'état de santé se dégrade vers un hôpital qui dispose de soins plus spécialisés. »

Jusqu'à présent, 34 personnes sont mortes des suites de l'influenza dans la région, un chiffre similaire à l'an dernier. Mais Santé publique Ottawa invite tout de même à la prudence et recommande de consulter un médecin en cas de doute.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les glucides mettent-ils notre santé en jeu?





Rabais de la semaine