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Une note interne soulève des doutes quant au véritable « architecte » des pensionnats autochtones

Des fonctionnaires fédéraux ont mis en doute le fait que Hector-Louis Langevin soit l'architecte des pensionnats autochtones, et ce, quatre mois avant que son nom soit retiré du bâtiment qui abrite le bureau du premier ministre. Ce retrait avait été effectué à la suite de plaintes de groupes autochtones.

Dans une note interne, il est écrit que Langevin a une relation « complexe » avec les peuples autochtones du Canada. Il aurait essayé d'épargner la vie de l'homme politique canadien et chef du peuple métis Louis Riel, qui a été pendu en 1885 pour avoir mené une rébellion dans l'Ouest canadien.

La note, datée du 27 février, est adressée à la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote.

« Bien qu'on le désigne dans les médias comme l'architecte du système des pensionnats autochtones, un historien d'Affaires autochtones et du Nord Canada indique que sa relation avec les peuples autochtones est plus complexe », peut-on lire sur la note dont CBC a obtenu une copie en vertu de la Loi d'accès à l'information. « Diverses histoires et des articles académiques écrits sur les pensionnats ne font aucune mention de son rôle ou de son impact dans l'élaboration ou l'exécution de la politique des pensionnats. »

La note, signée de la sous-ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Marie Lemay, a été envoyée après que le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a demandé à Judy Foote que l'Édifice Langevin, situé 80, rue Wellington, soit renommé.

Dans une lettre datant du 6 février, Perry Bellegarde écrit : « Des dirigeants éminents comme Hector Langevin ont été les architectes-clés du système dévastateur de pensionnats autochtones ».

Dix jours plus tard, quatre députés autochtones - Georgina Jolibois, Don Rusnak, Romeo Saganash et Hunter Tootoo - ont aussi écrit à Judy Foote, lui demandant de retirer le nom de Langevin, parce que ce dernier « était aussi le créateur des pensionnats ».

La note interne suggère de garder le nom de Langevin sur le bâtiment, mais d'y ajouter une plaque mentionnant ses contributions pour le Canada « tout en soulignant aussi les aspects contestés de son héritage ».

Mais après le 21 juin, la plaque avec le nom de Langevin a été retirée du mur de l'édifice.

L'Encyclopédie canadienne décrit également Langevin comme « l'un des architectes originaux du système des pensionnats, conçu pour assimiler les enfants autochtones à la culture canado-européenne ».

Mais certains historiens, sans pour autant écarter le rôle de Langevin, ont fait valoir que le premier ministre du Canada, Sir John A. Macdonald, était le véritable architecte du système des pensionnats.

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