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Une plainte à l'ombudsman pour bloquer le déménagement de l'Armée du Salut dans Vanier

Un membre du groupe groupe communautaire SOS Vanier interpelle l'ombudsman de l'Ontario pour empêcher le déménagement des locaux de l'Armée du Salut dans Vanier.

Philippe Denault, qui est porte-parole de SOS Vanier, croit qu’il y a eu un manque de transparence et un problème d’impartialité de la part du maire et du conseil municipal dans le processus d’acceptation de la construction d’un refuge de 350 lits au 333, chemin de Montréal. Il s'agit d'une initiative personnelle de M. Denault.

En novembre, pendant près de trois jours, des centaines de personnes se sont prononcés contre le projet lors d'audiences publiques, mais le comité d'urbanisme de la Ville d'Ottawa a approuvé le projet, qui nécessite un changement de zonage. Une décision que le conseil municipal a entérinée quelques jours plus tard.

Depuis peu, l’ombudsman de l’Ontario a le pouvoir d’examiner les décisions prises au niveau municipal. Auparavant, M. Denault avait formulé une plainte formelle contre le maire Jim Watson au commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa. Ce dernier l'a rejeté le 2 janvier.

« On va lui demander de faire l’enquête que le commissaire à l’intégrité n’a pas voulu faire pour clarifier les choses sur le rôle du maire. Est-ce que c’était approprié ce qu’il a fait, est-ce qu’il pouvait comme ça tenter d’influencer la communauté avant qu’une décision soit prise? On pense que l’ombudsman va nous aider à ce niveau-là », a expliqué M. Denault.

Selon lui, le maire d’Ottawa aurait rencontré le président sortant de l’Association communautaire de Vanier pour « faire en sorte que l’association appuie la proposition de l’Armée du Salut » avant le dépôt de la demande de l’Armée du Salut. Du moins, avant le début du processus de consultation publique.

Il ajoute que cette intervention a eu lieu avant que les fonctionnaires aient terminé leur analyse et que les élus aient pu étudier le dossier.

M. Denault déplore que M. Watson se soit prononcé en faveur du projet alors que les consultations publiques n’étaient pas terminées, la journée porte ouverte de l’Armée du Salut n’avait pas eu lieu et les rapports d’analyse et les recommandations n’étaient pas encore déposés.

« En vertu de son serment d’office il a pris l’engagement d’exercer ses fonctions de façon impartiale [...] Les experts nous disent que c’est inhabituel que le maire se prononce si tôt », a-t-il dit.

Il pense que le maire aurait plutôt dû exercer un droit de réserve et que son rôle aurait dû se limiter à celui de président du conseil et non à celui de chef d’entreprise. Selon lui, le maire a un rôle à jouer pour s’assurer de l’équilibre des intérêts des citoyens.

M. Denault espère que l’ombudsman en tant que protecteur du citoyen dira à la Ville et au maire que la communauté et les opposants n’ont pas été traités de façon équitable. Il souhaite que l’ombudsman jette un deuxième regard sur la légitimité de la décision de la Ville d’Ottawa.

Au Bureau du maire, on dit que Jim Watson ne commente pas les dossiers qui sont examinés par le commissaire à l'intégrité, bien que la plainte de M. Denault eut été rejetée.

Les opposants au déménagement de l'Armée du Salut dans Vanier ont également porté la décision du conseil municipal en appel à la Commission des Affaires municipales de l'Ontario.

Avec les informations de Stépane Leclerc

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