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Une région de fonctionnaires qui veut devenir capitale de la mode

Qui dit ville de mode ne pense pas nécessairement à Ottawa ou à Gatineau. Contrairement à Montréal ou à Toronto, la région de la capitale nationale n'a pas réussi à s'imposer comme une destination de style. Mais cela ne saurait tarder, selon des créateurs de la région.

Un texte de Yasmine Mehdi pour Les malins

Marie-Claude Pichette, Éric Hernandez-Aragon et Marie-France Roy travaillent tous trois dans le domaine de la mode.

Basés à Ottawa ou à Gatineau, ils constatent à l'unanimité que la région de la capitale nationale est « de plus en plus » une destination de choix pour les amateurs de mode.

« C'est un beau terrain de jeu, c'est une page blanche pleine d'opportunités », croit M. Hernandez-Aragon, designer montréalais récemment installé à Ottawa.

Mais des défis subsistent encore, notamment en termes de clientèle.

« La cliente à Ottawa est un peu plus conservatrice, un peu plus grise, bleu marine », admet le designer.

« On n'est pas à Montréal », renchérit la styliste Marie-Claude Pichette. « On ne court pas les événements mondains, on ne va pas dans les grands restaurants. Nous, ce qu'on fait à Gatineau, c'est courir les arénas et finir le samedi soir autour d'un îlot de cuisine. »

Ils soulignent que leurs clientes sont de plus en plus ouvertes à « oser les tendances », surtout lorsqu'elles sont conseillées.

Encore peu de vitrines

Le Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO) organise samedi soir un défilé de mode pour mettre en valeur le travail des designers canadiens et amasser des fonds.

C'est l'un des uniques événements dans la région qui permet aux artisans de la mode de montrer leur travail. Entre 2003 et 2014, Ottawa avait sa propre semaine de la mode, mais l'événement a été contraint de mettre la clé sous la porte, faute de fonds.

Pour les designers, ce manque de vitrine s'ajoute à une difficulté de trouver des matières premières. Éric Hernandez-Aragon raconte devoir se rendre jusqu'à Montréal pour acheter tissus, étoffes et boutons.

« Il n'y a pas de fournisseur, pas de grossiste ici », explique-t-il.

La copropriétaire de la boutique de vêtements Le Local, Marie-France Roy, constate toutefois un grand intérêt pour les produits locaux auprès de ses clientes.

« Plus il va avoir [de boutiques], plus il y aura un engouement », croit-elle.

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