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Une rencontre avec le premier ministre, on la prend quand ça passe

Après un an d'attente, le Front commun de l'Outaouais a rencontré, vendredi, le premier ministre Philippe Couillard, pour lui faire part de la priorité identifiée par la région : l'éducation supérieure.

S'il y a un dossier que je suis avec beaucoup d'intérêt depuis un an et demi, c'est celui du Front commun de l'Outaouais, créé lors de la campagne électorale provinciale du printemps 2014.

Il est composé d'intervenants de tous les milieux, qui ont crié haut et fort que le gouvernement du Québec doit investir en éducation supérieure pour sortir l'Outaouais de son marasme.

J'ai été tellement assidu dans ce dossier que la ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, a lancé juste avec le point de presse : « Es-tu content, tu l'as la fameuse rencontre! »

Ce sont plutôt les membres du Front commun qui se réjouissaient de pouvoir enfin rencontrer Philipe Couillard.

Rencontre express

Près d'un an après avoir soumis formellement leur demande auprès de la ministre Vallée, le premier ministre a trouvé une heure de disponible pour entendre leurs doléances.

La rencontre a eu lieu en fin de journée, dans une salle de réunion de l'aéroport de Gatineau, juste avant le vol de retour de M. Couillard. Il était dans la région pour rencontrer son homologue ontarienne, Kathleen Wynne, dans le cadre de Canada 2020, pour parler d'environnement. Tant qu'à être dans le coin...

C'est justement ce « tant qu'à être dans le coin » qui a mené, jeudi soir, à l'envoi des invitations aux membres du Front commun pour une rencontre avec le premier ministre.

Lorsque je lui ai demandé pourquoi un délai aussi serré, Philippe Couillard m'a répondu que c'était pour des questions de sécurité. Même s'ils ne le diront pas devant les caméras, les membres du Front commun auraient bien aimé que la rencontre soit plus officielle, avec un certain décorum.

Un plaidoyer régional

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, souhaitait même se rendre à Québec pour envoyer un message fort : que la région se mobilise, que l'UQO et le Cégep de l'Outaouais doivent pouvoir offrir à la population, des programmes qui combleront des besoins importants en main-d'oeuvre, que ce soit en santé, en tourisme, en milieu rural et en entrepreneuriat. Ce qui n'est pas le cas actuellement.

De son côté, le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Antoine Normand, était en France pour un voyage d'affaires. Le court délai l'a forcé à devancer son vol de retour, parce qu'il tenait absolument à être de la rencontre.

De fait, contrairement à ce qu'affirme la ministre Vallée - en indiquant qu'un autre membre de de la Chambre de commerce aurait pu être présent - ce ne sont pas les organismes qu'ils représentent qui forment le Front commun, mais bien les individus. C'est pour ça qu'Antoine Normand était présent, après avoir seulement dormi deux heures en 48 heures.

Le maire de Gatineau a bien résumé la situation : « Tant qu'on peut dire au premier ministre que l'éducation supérieure, c'est notre priorité et qu'il faut que ça avance, le reste ce n'est pas grave. »

Visiblement, une rencontre avec le premier ministre, on la prend quand ça passe.

Des échanges brefs, mais satisfaisants

Heureusement, tout le monde était ravi à la sortie de la rencontre.

Le premier ministre Couillard a affirmé que le dossier était bien monté, que l'Outaouais allait avoir un statut particulier en éducation, que de bonnes nouvelles s'en venaient pour le Cégep de l'Outaouais et que le dossier de la faculté satellite de médecine de l'Université McGill cheminait très bien.

Plusieurs premiers ministres et ministres responsables ont déjà dit ça - et j'ai soulevé ce point avec le premier ministre. Il m'a dit que cette fois-ci, il y a un plan d'action sur la table, avec des fonctionnaires de Québec qui viendront prendre le pouls ici, en Outaouais.

Il n'y a pas d'échéancier sur la table, mais au moins, après des décennies d'attente, il y a un plan d'action.

Si le Front commun obtient ça, ce sera au moins une victoire.

Obtenir plus?

Mais Paulette Lalande, l'ex-présidente de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO), Antoine Normand, Frédéric Poulin, le président de l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur (ACESO), Manuela Teixeira, présidente du conseil d'administration de Tourisme Outaouais et le maire de Gatineau en veulent plus.

Le gouvernement répondra-t-il avec du concret?

En espérant que ça ne prenne pas une autre année pour obtenir la réponse.

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