Retour

Une Terre-Neuvienne d'origine indienne dénonce le racisme dans sa province

Une Terre-Neuvienne d'origine indienne se plaint d'avoir été victime de racisme lors d'une sortie au centre-ville de Saint-Jean.

Avi Cheema, qui étudie le droit à Ottawa, était revenue chez elle à Saint-Jean vendredi dernier pour assister à un mariage traditionnel indien.

Après la cérémonie, elle a décidé d'aller retrouver des amis qui assistaient à un concert punk au bar Distortion, au centre-ville.

Elle s'y est rendue vêtue de la robe indienne qu'elle avait portée au mariage, une shalwar kameez. « Je sortais d'un mariage indien donc j'ai décidé d'y aller vêtue comme je l'étais, une robe que je trouvais assez extraordinaire. »

Arrivée au bar, toutefois, elle s'est rapidement rendu compte que tous ne partageaient pas son avis au sujet de cette robe.

Elle s'est sentie très mal à l'aise. Elle dit avoir fait de grands efforts pour être acceptée par la communauté, mais qu'il a suffi qu'elle porte sa robe indienne pour qu'elle soit vue comme une étrangère.

Un racisme systémique?

Ce n'est pas la première fois, dit-elle, qu'elle fait face à du racisme à Terre-Neuve-et-Labrador. Elle croit que la province a du chemin à faire pour devenir une province accueillante envers les gens de diverses cultures et origines ethniques.

La jeune femme a grandi à Terre-Neuve, mais ce n'est que depuis qu'elle a déménagé à Ottawa qu'elle se rend compte à quel point le racisme est présent dans la province. « Il y a tellement d'aspects visibles de ma culture dont les gens se moquent », déplore-t-elle.

La différence avec Ottawa et d'autres grandes villes est énorme, ajoute-t-elle. « Lorsque je marche dans la rue [à Ottawa], je vois des gens qui portent les mêmes choses que je portais [vendredi soir] et personne ne leur prête attention. »

L'éducation à la diversité

Elle croit que la solution, à Terre-Neuve, passe par le système d'éducation. À l'heure actuelle, note-t-elle, les écoles ne sensibilisent pas les jeunes terre-neuviens à des cultures autres que les cultures dominantes, nord-américaines ou européennes.

Cela mène à des situations comme celle qu'elle a vécue vendredi, dit-elle : lorsqu'ils sont confrontés à des gens qui affichent une différence, ils ne savent pas comment réagir.

Avec le nombre grandissant d'immigrants ou de réfugiés qui s'installent dans la province, il devient de plus en plus important que la province se fasse plus accueillante, à son avis.

En ce qui la concerne, elle se sent tout de même chez elle, à Terre-Neuve, à condition qu'elle projette l'image de la culture dominante.

« Tant et aussi longtemps que je n'exprime pas ma culture indienne [...], je suis acceptée à Terre-Neuve. Mais quand je l'ai exprimée, la résistance n'a pas pris longtemps à se manifester| »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine