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Une thérapie pour enfants au comportement sexuel déviant

C'est un sujet tabou que plusieurs auraient voulu ignorer : des jeunes de 7 à 12 ans qui ont un comportement sexuel anormal et inadéquat; des jeunes qui agressent sexuellement d'autres enfants.

Un texte de Angie Bonenfant

C'est également un sujet qui soulève plusieurs questions. Est-ce possible? Est-ce normal? Qui sont donc ces enfants?

Un enfant au comportement sexuel déviant est un jeune qui, dans un moment de colère ou de frustration, agit de manière inappropriée avec un autre enfant.

Les gestes posés, par exemple, peuvent aller de l'attouchement, de la pénétration avec les doigts ou avec un objet, à une fellation. Ce sont des gestes posés dans une situation de domination. Il n'y a rien de consensuel. Le but est de victimiser.

Qui sont-ils?

Ces jeunes proviennent de tous les milieux. Ce sont en majorité des garçons. La plupart ont des problèmes dans plusieurs sphères de leur vie.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ces enfants n'ont pas tous été victimes d'une agression sexuelle. Le problème se situe aussi ailleurs.

Mon enfant, dois-je m'inquiéter?

Il n'y a pas de portrait clair relatif aux caractéristiques des enfants qui présentent des comportements sexuels intrusifs. Toutefois, certains facteurs semblent contribuer, en partie, au développement et au maintien de ces comportements.

(Cliquez sur les points pour en savoir davantage. Cette liste n'est pas exhaustive et n'explique pas tout. Nous vous invitons à consulter les travaux de Marc Tourigny, de l'Université de Sherbrooke.) 

Que faire?

Comment venir en aide aux enfants qui ont un comportement sexuel déviant? En Outaouais, on est en voie de passer maître dans la compréhension de ce phénomène.

Des spécialistes de la région ont mis sur pied une thérapie unique en son genre, construite spécifiquement dans le but de venir en aide à ces enfants.

Le Centre d'intervention en abus sexuel pour la famille (CIASF) a développé une thérapie de groupe de 14 semaines dans laquelle interviennent des travailleurs sociaux, un criminologue, un sexologue et un psychologue.

(Cette liste n'est pas exhaustive et n'explique pas tout. Nous vous invitons à consulter le Programme pour les parents, Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (2000))

Ces enfants déviants ont des carences. On veut les identifier et y remédier.

Lorsqu'ils arrivent en thérapie, ces jeunes ont déjà fait au moins une victime. Il y a aussi des cas beaucoup plus lourds où des enfants ont fait tout près d'une dizaine de victimes.

Chose certaine - et on ne mettra jamais assez l'accent sur ce point - personne n'est irrécupérable. Après tout, ce sont des enfants. Ils sont à une époque de leur vie où on peut encore les influencer.

Taux de réussite

Tous les yeux dans le milieu sont tournés vers le CIASF et sur cette thérapie de groupe qui n'existe nulle part ailleurs au pays.

Il faut dire qu'elle existe depuis seulement trois ans. Des chercheurs d'universités l'étudient présentement pour évaluer les résultats. Ces derniers seront connus dans deux ans.

Jusqu'à présent, les signes sont encourageants : dans le cadre du programme, on a très peu de récidives connues. Sur 40 enfants, on a deux récidives connues.

Il y a un vif intérêt parce que ce problème est universel. Les autorités ne sont pas outillées pour s'y attaquer.

Quelle aide pour les parents?

Et dans tout ça, il y a les parents, probablement les personnes les plus démunies face à ce phénomène. Les spécialistes du CIASF ont été témoins d'un éventail très large de réactions.

D'un côté, il y a le parent profondément dégoûté par son enfant qui dit que c'est un pédophile. Et de l'autre, il y a le parent qui est dans le déni et qui juge qu'on fait tout un plat concernant les gestes de son enfant.

Les parents ont besoin d'aide. Heureusement, la thérapie inclut des sessions pour les parents. Des spécialistes sont là pour intervenir auprès des adultes.

Avec les informations de Pascale-Marie Dufour

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