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Une trentaine de ménages sans logement en Outaouais

Cinq jours après la grande journée de déménagement du 1er juillet, 16 familles avec 29 enfants et 16 personnes seules se cherchent toujours un toit.

Un texte d’Émilie Pelletier

Ces données compilées par l’organisme communautaire Les Oeuvres Isidore Ostiguy forcent le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy, à tirer la sonnette d’alarme.

Il souligne que ces chiffres sont plutôt conservateurs, car les données des autres organismes de l'Outaouais qui oeuvrent auprès des ménages à faibles revenus ne sont pas comptabilisées dans ce calcul.

« On peut facilement penser que ce nombre-là pourrait dépasser la cinquantaine si on faisait le tour des ressources », déclare M. Roy.

La quantité d’unités d’hébergement ne permet pas aux organismes d’accueillir toutes les familles. Ces dernières sont souvent forcées à trouver des solutions temporaires.

« Ces ménages-là doivent cohabiter chez des amis, de la parenté ou tout simplement faire du camping », déplore le coordonnateur de Logemen'occupe.

Une seule solution

M. Roy a lancé un appel à la ministre responsable de l’habitation du Québec, Lise Thériault, pour contrer ce fléau. Selon lui, la seule alternative serait de remettre en place le programme gouvernemental de supplément de loyer d’urgence.

Ce fonds qui venait en aide aux personnes et aux ménages à faible revenu a été aboli il y a près de 15 ans. Les autorités gouvernementales considèrent le problème comme réglé, estime le coordonnateur de Logemen'occupe. Toutefois, il affirme que les statistiques de l'Outaouais disent le contraire.

L’attachée de presse de la ministre Thériault, Laura Bruno, affirme que toutes les ressources sont en oeuvre pour trouver une solution.

Des inquiétudes pour les mois à venir

Par ailleurs, pour une famille sans toit, la peur de perdre la garde des enfants est préoccupante, selon le coordonnateur de Logemen'occupe.

« Pour les familles nombreuses, ce sont des moments difficiles à passer, parce qu’évidemment, quand on se retrouve sans logement, avec une famille, avec des enfants, il y a toujours un risque que la Direction de la Protection de la Jeunesse intervienne, prenne la garde des enfants », mentionne-t-il.

M. Roy craint que le nombre d’appels logés à son organisme explose au mois d’août en raison de la rentrée scolaire. Pour être inscrit à l’école en bonne et due forme, un enfant doit avoir une adresse de résidence.

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