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Université de l’Ontario français : un débat passionné pour un projet embryonnaire

Le panel de discussion sur la mise en œuvre de l'Université de l'Ontario français organisé par Radio-Canada Ontario mardi a suscité des discussions animées au sein de la communauté francophone. Certaines incertitudes subsistent autour de ce projet, mais l'envie est bien présente.

Dans un monde idéal, que devrait être l’Université de l’Ontario français exactement?

Louis-Philippe Dion, membre du collectif satirique Garnements Inc. imagine pour sa part une université gratuite, mais surtout capable d'attirer des professeurs qualifiés. « L’université ideale a des programmes qui sont reconnaissables par les employeurs. Ce n’est pas ce qui est sur la table en ce moment », dit-il.

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) rappelle l'importance d'une gouvernance par et pour les Franco-Ontariens.

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe, Collège militaire royal du Canada considère pour sa part que la recherche sera un point crucial de cette université. « Pour le moment c'est assez peu clair avec les programmes offerts, on ne comprend pas encore bien les visées académiques. »

Il faudrait notamment que cette université offre des campus en régions et pas seulement à Toronto, considèrent des panélistes. C'est ce qui inquiète certains membres du public : tous les étudiants n'ont pas les moyens financiers d'aller vivre et étudier à Toronto.

Pablo Mhanna Sandoval, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) estime pour sa part que l'université devra offrir toutes les disciplines actuellement offertes dans les universités anglophones.

« L’université va devoir se trouver une niche », croit pour sa part Donald Ipperciel, principal du Collège Glendon de l'Université York.

La coexistence avec les universités bilingues de l’Ontario est-elle possible ou souhaitable?

Les universités bilingues de Sudbury, la Laurentienne, et celle d'Ottawa existent déjà, mais certains rappellent que le public cible ne sera pas le même.

« Il faut régler les questions des ressources et de la complémentarité des différentes institutions », selon Luc Bussières, recteur de l’Université de Hearst.

Il est important de regrouper les francophones pour créer réellement une communauté forte, considère pour sa part Josée Joliat, coprésidente, Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO).

L'immigration francophone sera aussi un vivier d'étudiants pour cette université, rappellent les différents panélistes.

Ce qu'en pensent les politiques

Marie-France Lalonde, Ministre des Affaires francophones de l’Ontario et députée libérale de la circonscription d'Ottawa-Orléans espère bien que l'université aura un rayonnement èa l'international.

« Le bilinguisme institutionnel, ça ne répond plus aux attentes des jeunes francophones », a dit France Gélinas, MPP, députée provinciale du NPD, élue dans la circonscription de Nickel Belt.

Gila Martow, PCC, députée conservatrice provinciale, élue dans la circonscription de Thornhill a rappelé de son côté les difficultés pour la communauté francophone d'étudier et vivre en français présentement, notamment pour les services de garde à Toronto.

Que faut-il pour assurer le succès et la pérennité de l’Université de l’Ontario français?

Un internaute a demandé comment est-ce que l'université pourra recruter des enseignants qualifié. « Il n’y a que 18 % des doctorants qui se placent. Il ne manquera pas de candidats pour enseigner », croit Stéphanie Chouinard.

Le financement sera toutefois le nerf de la guerre, rappelle Donald Ippercie. Il faudra que cette université soit à la hauteur des attentes et du prestige voulus par les futurs étudiants. « Il y a trois P : Proximité, Programmes et Prestige », précise-t-il.

L'université devrait aussi être à la fine pointe de la technologie.

Quant à savoir si les anglophones devraient être invités à venir étudier aussi dans cette institution, « ce serait manquer une occasion en or de ne pas inviter les anglophones », répond Stéphanie Chouinard.

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