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Université franco-ontarienne : le gouvernement fédéral doit-il aider?

Est-ce qu'Ottawa doit jouer un rôle dans la création et surtout le financement d'une université de langue française en Ontario? C'est du moins l'espoir du Regroupement étudiant franco-ontarien, le RÉFO, qui commence dès la semaine prochaine une opération séduction auprès d'élus fédéraux. 

Un dossier de Laurence Martin et de Valérie Ouellet

Le directeur général du RÉFO, Alain Dupuis, nous a confirmé qu'il allait rencontrer dans les prochains jours le député Paul Lefebvre, qui représente la circonscription de Sudbury, pour discuter du dossier. 

L'idée est de voir si une partie des montants que le gouvernement fédéral a promis en campagne électorale pour des infrastructures pourrait servir justement à la construction d'une université de langue française en Ontario.

Jeudi, environ 150 manifestants, des jeunes surtout, se sont rendus à Queen's Park pour redemander la création d'une université franco-ontarienne, avec un premier campus à Toronto en 2018. Le gouvernement provincial de Kathleen Wynne n'a toujours pas pris d'engagements concrets dans le dossier. 

Le RÉFO reconnaît que l'éducation est un champ de compétence provinciale, mais que cela n'empêche pas, selon lui, Ottawa de s'impliquer.

« Le gouvernement fédéral a une responsabilité envers les communautés francophones hors Québec », ajoute Alain Dupuis.

Le fédéral a financé la création des collèges francophones

D'autant que le fédéral a déjà investi, dans le passé, des dizaines de millions de dollars pour aider la création des collèges de langue française en Ontario. 

Pour la Cité collégiale à Ottawa, par exemple, le fédéral avait donné 110 M$, selon Alain Dupuis. 

Un appui qui s'était avéré essentiel, d'après Jacques Michaud, qui a beaucoup lutté dans les années 1980-1990 pour la construction de collèges gérés par des francophones.

Sans cette aide, le gouvernement ontarien aurait eu beaucoup plus de difficulté à faire approuver le financement de ces collèges dans son propre budget, selon Jacques Michaud, qui est aussi membre fondateur du Collège Boréal.

Malgré tout, le Regroupement étudiant franco-ontarien rappelle que le « oui initial » doit venir de la province et que même si Ottawa donnait de l'argent, « ce n'est pas une excuse pour la province pour ne pas s'engager. »

Difficile de savoir, à ce stade-ci, si le fédéral souhaiterait investir. Le député Paul Lefebvre nous a dit qu'il avait plusieurs questions pour les étudiants, notamment sur combien coûterait la future institution et comment elle pourrait compléter l'offre d'autres universités, comme Hearst et Ottawa.

Le RÉFO a demandé des rencontres avec d'autres députés fédéraux et avec la ministre responsable du portefeuille des langues officielles, Mélanie Joly. 

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