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Vague de solidarité pour les cliniques affiliées à Planned Parenthood au Canada

La Marche des femmes à Washington vise, entre autres, à dénoncer la décision du gouvernement Trump d'éliminer le financement public des cliniques Planned Parenthood parce qu'elles pratiquent des avortements. Cette menace fait également réagir dans les cliniques de planification des naissances au Canada.

La directrice de la clinique de planification de naissance Shore Centre, Lyndsay Butchard, se souviendra longtemps de cette campagne électorale américaine.

Pour elle, ça ne fait aucun doute : la remise en question du droit à l'avortement lors des débats américains a ravivé les ardeurs des mouvements pro-vie et pro-choix au Canada.

Les propos de Monsieur Trump sur l’avortement ont suscité un réveil des deux côtés.

Lyndsay Butchard, directrice de la clinique Shore Centre (ancien nom : Planned Parenthood Kitchener-Waterloo)

Depuis l'annonce du résultat des élections, sa petite clinique de Kitchener-Waterloo, qui a porté le nom Planned Parenthood jusqu'en avril 2016, est très occupée.

Nous avons été inondés de dons et d'appels d'hommes et de femmes qui voulaient faire du bénévolat chez nous.

Lyndsay Butchard, la directrice de la clinique Shore Centre

Lyndsay Butchard précise que « durant les mois de novembre et de décembre, nous avons reçu 52 000 $ en dons. C'est 37 % de plus qu’à la même période l’an passé. »

Son organisme a aussi connu son lot de controverse pendant la campagne électorale. Des militants pro-vie ont manifesté pendant 40 jours consécutifs devant la clinique. « On sait que c'est motivé par Monsieur Trump, ses mots étaient partout sur leurs affiches », précise-t-elle.

Nombreux messages de soutien à Ottawa

La clinique Planned Parenthood d’Ottawa a aussi vu bondir ses dons après la victoire de Donald Trump. Elle a également reçu une avalanche de messages d’appuis sur les réseaux sociaux.

La coprésidente du Centre de planification des naissances d'Ottawa, Laura Collela, dit avoir « vraiment vu une différence » à partir de 2015, « quand la conversation a commencé à être très claire sur le fait que Planned Parenthood était en danger aux États-Unis ».

Entre 2015 et 2016, son organisme a vu une augmentation de 30 % des dons.

Je pense que tout le monde a compris qu’on serait affecté par ça.

Laura Collela, coprésidente du Centre de planification des naissances d’Ottawa.

Les dons pourraient bientôt aussi servir à répondre aux appels de femmes vulnérables aux États-Unis, si les cliniques Planned Parenthood américaines perdent leur financement, prédit Laura Collela.

« On prévoit qu'il y a une très grosse possibilité que ça arrive ».

Des chandails féministes pour susciter les échanges

Alors que certains canadiens donnent du temps ou de l'argent, pour Meghan Kinney-Gooding la réponse peut aussi passer par la mode.

La vitrine de son magasin rue Queen Ouest, à Toronto, ne passe pas inaperçue cette semaine.

Sur des chandails gris, le mot « FEMINIST » est imprimé en lettres majuscules. Juste à côté, une affiche précise que pour chaque vêtement vendu, 10 $ sont versés à l’organisme américain Planned Parenthood.

La designer originaire de Calgary espérait simplement imprimer quelques douzaines de chandails pour appuyer la Marche des femmes à Washington.

En deux jours, toutes ses boutiques aux États-Unis et à Toronto étaient en rupture de stock.

Une fois toutes ses commandes remplies, Meghan Kinney-Gooding aura vendu près de 300 chandails et amassé des milliers de dollars pour Planned Parenthood.

Mais le plus incroyable, c'est à quel point les chandails suscitent des échanges entre les clients, rassemblent les gens.

Meghan Kinney-Gooding, propriétaire des boutiques Meg

Elle raconte qu'un homme est même entré dans sa boutique uniquement pour faire un don. « Ça m'a vraiment touchée, c'est la preuve que nous sommes tous ensemble là-dedans. »

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